Un label en Suisse pour identifier les pharmacies qui offrent un soutien aux victimes de violences domestiques

C'est une première en Suisse. Les trois cantons de Vaud, Genève et Neuchâtel, lancent un label pour les pharmacies formées à recevoir des personnes victimes de violences domestiques. Il sera décerné aux officines qui auront formé plus de deux personnes dans leurs équipes.

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La Suisse n'est pas plus épargnée que la France dans ce domaine. Et les chiffres sont terrifiants. Juste de l'autre côté de la frontière, près de la moitié des violences constatées dans le Canton de Vaud ces huit dernières années sont exercées "dans un contexte de relation de couple ou de parenté". Et les femmes représentent 70 % des victimes de ces violences.

Voilà pourquoi l'Etat de Vaud lance pour la première fois en Suisse un label qui permet d’identifier les pharmacies où les victimes de violences pourront trouver soutien et conseil, est-il indiqué dans un communiqué officiel. Ce label sera décerné aux officines qui auront formé plus de deux personnes dans leurs équipes.

321 pharmaciens spécialement formés

En octobre dernier, 416 personnes, dont 321 pharmaciens et pharmaciennes et 95 assistants et assistantes, ont ainsi été formées à la détection et à l’orientation des victimes. Cette formation en ligne a été conçue par le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH) et la Direction Générale de la Santé (DGS), en partenariat avec la Société Vaudoise de Pharmacie.

Elle doit permettre aux pharmaciens et à leurs employés de "mieux comprendre la problématique de la violence dans le couple, de repérer les indices de la souffrance vécue par les victimes, de connaître les dispositions légales permettant de protéger les victimes, et enfin les services d’aide disponibles."  Les officines seront régulièrement contrôlées pour garantir la qualité de ce service, précise-t-on.

Neuchâtel et Genève partenaires

Le Canton de Vaud a indiqué que son projet a suscité "un vif intérêt" de la part de différents cantons. Un accord de transfert de la formation a ainsi été signé avec les cantons de Genève et Neuchâtel, et des discussions sont en cours avec d'autres collectivités publiques.

Le canton de Neuchâtel espère déjà de son côté convaincre au moins les deux tiers des pharmacies du canton à faire cette formation. "La réalité dans le canton de Neuchâtel est aussi inquiétante, c'est quasiment une intervention par jour de la police cantonale en lien avec une problématique de violences domestiques, et ça, c'est la pointe de l'iceberg si on peut dire", a déclaré Florence Nater, la conseillère d'Etat neuchateloise, sur la RTS.

Les officines, lieux d'alerte aussi en France

En France, un dispositif de signalement via les pharmacies d'officine avait déjà été mis en place en mars 2020 par le Ministère de l'Intérieur avec l'appui de l'Ordre national des pharmaciens. Le nombre de signalements de violences familiales avait en effet bondi de plus de 30 % durant les premières semaines de confinement.

Une fiche pratique pour les pharmaciens a été élaborée en novembre 2022 par la Mission Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF). Elle donne notamment des conseils sur l’attitude à adopter vis-à-vis des victimes et une liste de ressources utiles à connaître pour les orienter au mieux.

Un livret d’information plus complet sur les violences conjugales a également été mis à la disposition des professionnels pour faire le point sur les différentes formes de violence, les mécanismes en jeu et les conséquences pour les victimes.