En passant par le Morvan, ils font 700km et 12 concerts en 13 jours pour soutenir la culture

Une vingtaine de coureurs se sont donnés comme défi de rejoindre Aix-En-Provence en quatorze jours depuis Paris. De passage dans la Nièvre ce mardi 26 avril, "Je cours pour la culture" est un mouvement unique créé afin de promouvoir un monde du spectacle encore en convalescence. Au programme : de la course, des concerts, et surtout de la bonne humeur.

700 kilomètres de course pendant deux semaines, soit plus d'un marathon par jour et 12 concerts. Ils sont musiciens, professeurs, kinésithérapeutes ou diplomates et ne semblent pas effrayés par les chiffres déroutants au programme de cette deuxième édition je cours pour la culture

Ce mardi 26 avril, ils étaient de passage dans le Morvan. 52km étaient programmés pour cette journée. Les coureurs sont partis de Neuffontaines (Nièvre) pour donner un concert à Anost (Saône-et-Loire)  le soir, tout en passant par Lormes et Ouroux-en-Morvan.

Réveiller le monde de la culture

L'organisateur de l'événement Gauthier Hermann raconte les raisons de sa création en 2021. "Le monde de la culture était furieux contre le gouvernement, il fallait trouver le moyen de parler de l'importance du spectacle et du lien social de façon positive."

Producteur de concerts et violoncelliste, Gauthier Hermann a été impacté de pleins fouet par la crise sanitaire, comme ses amis qui participent à la course. "C'était très dur, j'ai perdu 90% de mon chiffre d'affaires. Mais je trouvais ça très important de parler de la culture avec le sourire, de manière drôle et bienveillante", témoigne-t-il. 

Cette course, c'est aussi un moyen de se rassembler pour le producteur  :"on a beaucoup parlé de l'arrêt mais les artistes doivent se connecter pour parler de la reprise de la culture. On espère retrouver un public venu en nombre pour les concerts".

Une première édition marquante

La première édition reste dans les têtes des participants. En avril 2021, la France entame son troisième confinement et la culture son treizième mois d'arrêt. Face à un monde du spectacle affecté, je cours pour la culture a l'objectif de traverser la France à pied.

1 040 kilomètres en 13 jours, soit deux marathons par jour. Sur une journée, c'est une distance réalisable pour ces habitués de l'ultra trail, discipline de course à pied extrême supérieure à 80km. Mais reproduire ce genre de performance quotidiennement peut mettre à mal le corps, et ce même pour des coureurs aguerris.

"On faisait 80 kilomètres par jour mais c'était beaucoup trop, les corps avaient du mal à suivre. Cette année on a réduit à 50 kilomètres et nous sommes accompagnés d'un kinésithérapeute qui prend soin de la bande", indique Gauthier Herrmann. Les coureurs ont néanmoins terminé la première édition, non sans mal.

Emmanuel Arnol, professeur d'histoire et musicien, décrit l'édition 2021 comme particulière. "Les gens étaient confinés et ils ne sortaient pas. On se sentait vraiment seuls, on avait l'impression que c'était l'apocalypse lorsque l'on entrait dans chaque village tant la commune était vide."

Recréer du lien social

"Bonjour, vous allez bien ?" "Très bien, belle journée pour courir j'imagine ?" "Exactement, mieux qu'hier !". Voilà un échange entre passants dont on n'avait plus l'habitude à cause de la pandémie et que l'on commence à retrouver pour le plus grand plaisir de la bande de coureurs. "Cela devrait aussi s'appeler je cours pour le lien social", souligne Gauthier Hermann.

Cette aventure, c'est la chance d'aller à nouveau à la rencontre des autres. L'ambiance joviale qui émane du groupe est contagieuse. Curieux, les habitants n'hésitent pas à sortir de leurs maisons pour discuter avec cette bande atypique. "Ce matin, on a discuté avec des agriculteurs qui nous expliquaient les problèmes de pluie. On a peut-être perdu dix minutes mais c'est une vie de gagné", souligne Gauthier Herrmann.

A la vie, à l'amitié, à l'amour, à la culture !

Slogan Je Cours Pour La Culture

Un concert chaque soir après la course

Au départ ils étaient 20, à l'arrivée ils pourraient être bien plus. C'est ce qu'espère Gauthier, ouvert à l'idée d'accueillir des nouveaux. "On est une bande de copains, beaucoup de gens nous rejoignent et sont devenus des amis. Des coureurs nous contactent si on passe à côté de chez eux pour venir faire un bout de chemin avec nous, c'est ouvert à tout le monde."

Le soir, certains participants troquent leurs habits de course pour une belle chemise en soie afin de produire un concert dans le village qu'il les accueille. Les mains prennent le relais des pieds pendant quelques heures de musique pour le plus grand plaisir des habitants.

Quelques échanges avec ces derniers, puis il est l'heure d'aller se reposer afin d'être prêt pour la journée qui attend les musiciens, toujours sur le thème de la course, de la bienveillance et surtout du partage.