En Haute-Saône, une maison médicale "recherche désespérément" un médecin généraliste à Plancher-Les-Mines

Poste, école, boulangerie, supérette, infirmières mais bientôt plus de médecin à Plancher-les-Mines en Haute-Saône. Installé depuis plus de trente ans, le Dr Lesage prend sa retraite. Pour sauver la vallée du désert médical, une infirmière veut ouvrir une maison médicale et cherche un généraliste.
La maison médicale devrait ouvrir d'ici quatre mois.
La maison médicale devrait ouvrir d'ici quatre mois. © Jean François Ottonello - Maxppp

Il aurait pu rester médecin en Nouvelle-Zélande, dans ces îles bordées par l’Océan Pacifique, avec dunes, falaises, plages immenses et déserts. Mais non, le Dr. Gérard Lesage a préféré revenir en France et se fixer à Plancher-les-Mines en Haute-Saône.

« J’ai fait mon service militaire comme médecin, et j’ai été envoyé dans les Iles Samoa (Polynésie). Gérard Lesage y restera pendant cinq ans puis il rejoindra la Nouvelle-Zélande pendant trois ans.       

J’avais le choix entre rester là-bas et passer le diplôme néo-zélandais ou revenir en France

Dr. Gérard Lesage, médecin généraliste

Le Dr. Gérard Lesage est installé à Plancher-les-Mines depuis 1988.
Le Dr. Gérard Lesage est installé à Plancher-les-Mines depuis 1988. © Rémi Poirot - France Télévisions

Il choisira de revenir. A force de remplacements « à gauche, à droite », le Dr. Lesage atterrit à Plancher-Les-Mines dans le nord de la Haute-Saône. « Le médecin qui était ici me dit « je pars, je veux vendre ma maison pour aller en Bretagne. Est-ce que ça t’intéresse de reprendre, de venir t’installer ici ? ». Cela tombait bien puisque ma femme et moi cherchions un endroit pour nous fixer avec nos enfants » raconte-t-il.

Lui, est originaire de Savigny-sur-Orge dans l’Essonne. La région Haute-Saône, il ne la connait pas et Plancher-les-Mines, encore moins. Qu’importe, le couple s’installe en 1988.

33 ans de carrière qui s’arrêtent l’an prochain

« La date exacte, je ne sais pas, ça peut-être novembre, décembre, on verra » tente de rassurer le médecin. Certes une retraite est toujours (bien) méritée, mais qui va soigner la population vieillissante et les nouveaux arrivants ? Dans la vallée, l’inquiétude monte et Martine Devillers, infirmière libérale, a pris le problème de la désertification médicale à bras-le-corps. Seule, elle s’est mise à chercher un local pour créer une maison médicale. C’est fait, ce sera à Plancher-les-Mines. « Le propriétaire m’a quand même donné un bon coup de pouce. Je suis consciente que c’est un gros défi, mais pourquoi ne pas être plusieurs praticiens ici ? » s’interroge l’infirmière.

On a déjà un dentiste et une kiné qui sont ok pour venir exercer ici, plus moi, mais il nous manque un médecin

Martine Devillers, infirmière libérale

Le « généraliste », sa venue est la condition requise pour ouvrir la maison médicale.  

C'est dans cet entrepôt que devrait être aménagé la future maison médicale de Plancher-les-Mines.
C'est dans cet entrepôt que devrait être aménagé la future maison médicale de Plancher-les-Mines. © Rémi Poirot - France Télévisions

Alors pour attirer le successeur du Dr. Lesage, Martine Devillers fait visiter volontiers les lieux. Petites cellules au rez-de-chaussée pour chacun des praticiens, et à l’étage des appartements neufs. Et puis, il y a l’aide financière de la mairie. « Avec l’équipe municipale, on a voté une aide de 10.000 euros au généraliste qui acceptera de venir s’installer en plus de 6 mois de loyers offerts » détaille Michel Galmiche, le maire de Plancher-les-Mines. A cela s’ajoutent les 50.000 euros de l’Assurance maladie, dans le cadre du dispositif d’aides à l'installation. « Et si c’est un étudiant en médecine, nous lui donnerons 500 euros par mois jusqu’à sa fin des études » ajoute le maire.

La médecine de ville différente de la médecine de campagne

De plus en plus de jeunes médecins préfèrent s’installer dans les grandes-villes. Pourtant selon le Dr. Gérard Lesage, la médecine de campagne est différente. « Il faut certes connaître ses limites mais en campagne, on fait pleins de gestes techniques, on recoud, on fait des infiltrations, je peux poser un stérilet. L’hôpital et les spécialistes sont loin, Il faut donc savoir faire beaucoup de choses. Quand je me retrouve en formation avec des médecins de Strasbourg par exemple, ils me disent :

Tu fais ça toi, nous on ne fait pas, on envoie le patient chez un spécialiste. La médecine de campagne et la médecine de ville sont différentes

Dr. Gérard Lesage, médecin généraliste

Est-ce cette différence qui captivera le futur médecin ? Et les aides financières de la mairie ? Réponse dans quelques mois. Quant au Dr. Lesage, pour sa retraite, il ne repart pas dans les îles mais à Belfort.

Renseignements sur l’offre d’emploi de médecin à Plancher-les-Mines en Haute-Saône : 06.49.24.59.96

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