Famille : quelques conseils pour faire face à un enfant tyran

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Aujourd’hui, de plus en plus de parents ont du mal à poser des limites à leurs enfants. Mais, au lieu d'être rassurés, les enfants acceptent mal la frustration. Certains se transforment en véritables tyrans pour la famille. Nicole Ortis, coach en éducation, nous explique comment y faire face.
 

Par Fatima Larbi

Si votre enfant refuse totalement votre autorité, fait des crises ingérables, du chantage, en un mot veut faire la loi à la maison, il s’agit peut-être d’un enfant tyran.

L’enfant tyran est prêt à tout pour exercer son pouvoir à la maison. Dans certains cas,  quand il est associé à d’autres troubles, c’est le symptôme de quelque chose de plus sérieux : les  troubles oppositionnel avec provocation (TOP), qui vont au-delà des comportements infantiles ordinaires.
Poussé à l’extrême, cela peut être une forme de pathologie. Dans ce cas là, l’enfant peut avoir recours à de la violence contre ses parents ou lui même.

Nicole Ortis, formatrice et coach en éducation, invitée de l’émission Ensemble c’est mieux du mardi 26 novembre 2019 nous parle de cette pathologie. Elle nous donne des conseils de bon sens pour aborder les enfants tyrans sans troubles du comportement, car ils peuvent toutefois rendre la vie impossible à leurs parents et frères et sœurs.
Ce sont des enfants qui ont du mal à accepter la frustration.

La famille vacille car le principe de l’enfant tyran est qu’il est le centre du monde. Tous les regards doivent se porter sur lui et on doit répondre à tous ses désirs. 

Nicole Ortis évite d’utiliser le terme d’enfant tyran avec les parents qui viennent la voir. Elle préfére parler de problèmes de comportement pour ces enfants-là et pour l'évaluer, il n’y a pas de tests.

Lorsque nous recevons un enfant, souvent suite à des problèmes scolaires, et qu' il n’arrive pas à se décrocher de sa maman, il y a souvent une problématique.

Ensemble c'est mieux : l'enfant tyran
Aujourd’hui, 85 % des français considèrent que les parents ne sont pas assez autoritaires et les psychologues, ou coachs, voient de plus en plus arriver dans leur cabinets des parents démunis face à leurs enfants qui ne supportent pas la frustration.

On est dans une société où le mot autorité fait très peur. Pour nous, le mot autorité signifie "être auteur de". Lorsque les parents éduquent, ils doivent être convaincus de que ce qu’ils mettent en œuvre et que c'est bon pour leur enfant.

Dans ces cas là , non pathologiques, il s’agit souvent de carences éducatives et de défaut d’autorité. Les parents n’osent pas poser les limites par peur de perdre l’amour de leurs enfants. L’enfant devient incapable de supporter la frustration et  se retrouve dans une grande insécurité. Car, au lieu d'être rassuré, "l’enfant tyran" se trouve plutôt en grande détresse.

Bien que l'on parle de carence éducative, il ne faut pas que les parents se culpabilisent. Ils pensent faire le mieux possible. Mais ce que les parents ne réalisent pas toujours c’est que nous avons tous des carences bien que nos parents aient pu nous aimer. Nous ne pouvons pas combler toutes nos carences avec nos enfants. Lorsque les parents le découvrent cela va souvent beaucoup mieux.

Pour Nicole Ortis, la bonne vieille méthode du "tu vas dans ta chambre et tu reviendras avec nous quand tu te seras calmé", est souvent la plus efficace. L’enfant doit se rendre compte qu’il sera associé à la famille quand il sera capable de prendre une place acceptable.

Pour les parents, la meilleure attitude est de prendre de la distance et d’afficher de l’indifférence aux crises, éviter de culpabiliser et poser des limites. Quand ils deviennent trop pénibles il vaut mieux les isoler et c’est ce qui va donner des résultats très rapidement. Il est important de leur montrer que la vie de famille cela fonctionne tous ensemble.

 

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Selon Nicole Ortis, poser des limites à l’enfant peut se faire avec une certaine fantaisie voir dans la joie de vivre. Cela rend l'autorité plus facile à accepter pour l’enfant. Pour elle, il est impératif que les deux parents soient en accord sur les règles de la vie en famille. L’autre chose fondamentale est que : si je dis quelque chose je m’y tiens.

Au niveau des limites, tout ne s’explique pas car on est là pour protéger les enfants et leur donner un univers où ils sont en sécurité. On n’explique pas à un enfant pourquoi il ne faut pas mettre les doigts dans la prise. Il n’y a rien de plus anxiogène pour un petit que penser qu’il n’y a des limites à rien.

Cet apprentissage des limites facilitera pour l’enfant l'apprentissage de la vie en collectivité qui est faite de règles et de codes.

 Mais il ne faut pas perdre de vue que la famille idéale et l’enfant idéal n’existent. Et si les parents n’y arrivent pas, il est toujours possible de se faire aider par un professionnel pour y voir plus clair.
 

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