Face aux agressions dont ils sont victimes, maires et élus se forment avec l'aide de la gendarmerie

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Devant la montée des agressions et incivilités dont sont victimes les élus en Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de formations dispensées par les négociateurs de la gendarmerie se multiplie.

Quand il s'agit de se procurer des chiffres précis sur le nombre d'agressions dont sont victimes les élus régionaux, le silence règne. Au mieux, la gendarmerie communique en disant qu'elles ne cessent d'augmenter et que c'est pour cette raison que ces sessions de formation se multiplient. Des formations qui ont été mises en place, il y a déjà presque un an.

Le 29 mars 2021, le ministère de l'intérieur et l'association des maires de France annonçaient dans un communiqué de presse leur volonté de former les maires de France à la gestion des incivilités et agressions auxquelles ils doivent faire face.

Gérald Darmanin, et François Baroin expliquaient alors que "ces formations de quatre heures, à destination des élus volontaires, sont développées par la cellule nationale de négociation du GIGN, en lien avec l’Association des Maires de France. Le but est de permettre aux maires de pouvoir se saisir de l’ensemble des clés de compréhension pour désarmer les conflits, faciliter le dialogue et rétablir la communication avec le ou les individus en cause."

Les sessions de formation se composent d’un volet théorique et d’un volet pratique via des mises en situation. Le nombre d’élus par session est limité à douze de manière à garantir un haut niveau de pédagogie et faciliter les échanges entre élus et intervenants, explique le ministère.

La police nationale participe aussi à ces formations. Ces derniers mois plusieurs ont été dispensées en Haute-saône, au sein des mairies de Gray, Lure et Vesoul. Et toujours sous l'impulsion des présidents des associations des maires.

La priorité pour nos élus, c'est de savoir comment réagir en situation d'urgence, sans "sur-réagir", savoir comment calmer le jeu, trouver un terrain d'entente, rétablir le dialogue, et bien sûr se protéger en situation extrême.

Alain Chrétien, président des maires de Haute-Saône

Comme évoqué précédemment, il est impossible de connaître les chiffres des incivilités. Les élus qui en sont victimes ont souvent du mal à en parler. Il y a deux ans le maire de Saulx-de-Vesoul avait été agressé. Un véritable traumatisme pour lui, avec de lourdes conséquences. Il n'a pas renouvelé sa candidature et s'était confié à l'époque, à nos confrères de france2. Un individu en litige avec la municipalité avait tenté de l'étrangler.

Dans la continuité de la démarche, Alain Chrétien, maire de Vesoul et président des maires de Haute-Saône va entreprendre des démarches avec le procureur de la République et le président du tribunal pour mettre en place des formations supplémentaires aux élus, des formations concernant leurs droits, lorsqu'ils sont victimes d'agressions.

 Depuis la mise en place du dispositif de formation pour les élus, les gendarmes constatent le franc succès remporté par cette initiative; en Haute-Saône 75 élus ont ainsi été formés, 180 dans le Doubs, et 150 dans le Jura. Soit un total de 405 personnes mieux préparées pour faire face aux agressions. Et d'autres formations sont dores et déjà programmées dans toute la région.