Saône : attribution des logements sociaux, « ma fille de 15 ans dort au sol sur un matelas », une mère en colère

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Écrit par Vanessa Hirson

Relogée après une séparation il y a deux ans, une maman de cinq enfants demande régulièrement à Habitat 25 un appartement plus grand. Mais à chaque demande, la même réponse négative. Une incompréhension pour elle et le maire de Saône.

C’est un immeuble des années 80 situé à Saône, rue du Lac. À l’intérieur, une dizaine de logements dont celui de Jennifer Jeannot. Cette maman et ses cinq enfants, âgés de 18, 15, 13, 6 et 3 ans, vivent au deuxième étage. Un 85 mètres carrés avec trois chambres exigües. « Les lits superposés prennent trop de place alors ma fille de 15 ans dort au sol sur un matelas ».    

Deux ans que cette promiscuité perdure. Alors, lorsque l’appartement du bas s’est libéré, Jennifer Jeannot a sauté sur l’occasion et a entrepris toutes les démarches nécessaires pour l’obtenir. Un 98 mètres carrés en rez-de-chaussée avec une chambre en plus. Malheureusement, malgré le soutien du maire de Saône auprès d’Habitat 25, l’appartement convoité lui passe sous le nez pour un couple et deux enfants en moins.

« Trois candidats étaient présentés sur ce logement, tous dans le cadre du dispositif de relogement ANRU de Besançon – Planoise (locataires dont l’immeuble est voué à la démolition). La CAL a donné un ordre de priorité aux 3 familles. La famille positionnée en 1er l’a acceptée le 3 janvier 2022 » se défend Habitat 25.

Garder le lien social

« Je suis une fille de Saône et c’est la cinquième fois qu’un logement, pour lequel je fais une demande, est affecté à une famille n’habitant pas sur Saône. Il me semble légitime d’être prioritaire, à condition égale ou supérieur ».  

En effet, depuis la démolition des 408 et de certaines barres HLM du quartier Planoise à Besançon, plusieurs familles doivent être relogées dans les villes environnantes. Même si le maire de Saône, Benoît Vuillemin, comprend et accepte la mesure, le bon sens dans ce dossier lui échappe. « Madame Jeannot souhaite rester dans le même immeuble parce qu’elle y a ses habitudes et qu’elle connaît les gens. Et, alors qu’elle peut avoir satisfaction, on lui dit non et on lui propose un autre logement avec travaux dans un autre immeuble. C’est du non-sens ».  

Soutien des locataires

A défaut de bon sens dans ce dossier, il y a au moins des marques de sympathie affichées sur la porte d’entrée de l’immeuble. « Jennifer, les enfants on est tous avec vous lâchez rien !!! ».  

De son côté Habitat 25, affirme avoir proposé un T5 rue de l’Etoile à Saône pour Jennifer et ses enfants et pour lequel ils « attendent toujours une réponse »

« Le 6 janvier 2022, la Commission d’Attribution des Logements a étudié les dossiers pour un T5 de 94 m², rue de l’Etoile. Trois candidats étaient présentés sur ce logement, deux dans le cadre du dispositif de relogement ANRU de Besançon – Planoise (locataires dont l’immeuble est voué à la démolition) et Madame Jeannot. Son dossier était positionné en 3ème position mais les deux autres familles ayant décliné l’offre, le logement lui a été proposé le 17 janvier. A ce jour, Habitat 25 attend sa réponse. Le logement sera disponible en avril. Des travaux d’embellissement pourront être réalisés entre les deux contrats de location ».

Jennifer, elle, affirme l’avoir refusé car « trop petit et situé dans un immeuble avec que des personnes âgées ». « Vous me voyez arriver là-bas avec mes cinq enfants, ça va faire trop de bruit » sans compter le remue-ménage avec les enfants qu’elle garde puisque Jennifer Jeannot est assistante maternelle.  

Quant au maire de Saône, il attend toujours le compte rendu de l’attribution pour comprendre pourquoi Jennifer n’a pas obtenu satisfaction.