“Fruits pour la récré” ou l’échec d’un programme de distribution de fruits frais aux élèves

Le programme "Fruits pour la récré" a été créé pour subventionner l'achat de fruits et légumes frais pour les élèves.
Le programme "Fruits pour la récré" a été créé pour subventionner l'achat de fruits et légumes frais pour les élèves.

Le programme "Fruits pour la récré" a été créé il y a 10 ans pour subventionner l'achat de fruits et légumes frais pour les élèves. Un budget de plusieurs millions d'euros existe, mais à peine 20% de l’argent est utilisé.
 

Par B.L. avec AFP

Qu’est-ce que le programme "Fruits pour la récré" ?

Pour inciter les jeunes à manger sainement, il existe de nombreux slogans comme "cinq fruits et légumes par jour" ou "manger-bouger".
ais, dans la pratique, les complexités administratives compliquent la situation.

Depuis que le programme "Fruits pour la récré" a été lancé, la France ne dépense presque rien du budget destiné à subventionner l'achat de fruits et légumes frais pour les élèves des écoles, collèges et lycées.

En 2017, un quart des dossiers a été rejeté pour non-conformité administrative. 
En raison de cette complexité, les écoles françaises n’ont jamais consommé plus de 30,3% de l'enveloppe depuis le lancement du programme.

Pourtant, cette année encore, elles ont à leur disposition un budget de 18 millions d'euros donné par Bruxelles pour donner aux jeunes de bonnes habitudes alimentaires et lutter contre l'obésité. Les recommandations officielles sont 70 grammes de fruit en maternelle, 100 grammes en élémentaire, et 100 à 150 grammes pour les collégiens et lycéens.

 
Les fruits de l'été
Les fruits de l'été

 

Une institutrice de Côte-d’Or a vu son dossier rejeté

Anne Chartenet est enseignante en maternelle à Lacanche, en Côte-d'Or, près de Dijon. Découragée par l'imbroglio administratif auquel elle s'est heurtée, elle a renoncé à demander des subventions européennes pour financer les fruits frais qu'elle distribuait aux élèves à la récréation. Elle dit avoir connu une expérience "ahurissante" en ne parvenant pas à répondre aux injonctions contradictoires d'organismes administratifs français comme l'Insee ou France AgriMer qui dépend du ministère de l'Agriculture. "Il y a toujours des cases d'erreur qui s'allument, mon dossier est sans cesse rejeté", raconte l'enseignante, qui n’a trouvé personne pour l'aider.


Dans les grands établissements urbains, le programme "Fruits pour la récré" ne marche pas mieux, par manque de volontaires pour distribuer les fruits au petit déjeuner ou au goûter et assurer la pédagogie d’une alimentation saine.

Lorsqu'on cherche des explications à cette situation, France AgriMer renvoie sur le ministère de l'Agriculture, qui lui, ne répond pas.
 

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