General Electric : un accord trouvé entre l'intersyndicale CFE/CGC-Sud et la direction

Les discussions entre les organisations syndicales et la direction de General Electric ont finalement débouché ce mercredi sur un accord qui stipule notamment que 33000 heures de travail seront  maintenues sur les sites de Belfort et Bourogne.
Le site de General Electric à Belfort.
Le site de General Electric à Belfort. © R.Poirot - France Télévisions

La semaine dernière, la direction de GE avait confirmé son souhait de poursuivre son projet de délocalisation, équivalent à 23000 heures de travail. Une annonce jugée par les syndicats comme un "passage en force inacceptable et une rupture du dialogie social". Lundi, les négociations avaient donc repris et semblaient s'enliser, mais l'intersyndicale CFE/CGC – Sud a annoncé ce mercredi qu'elle avait finalement trouvé un terrain d'accord avec la direction du groupe. Cet accord entérine notamment le maintien de 33000 des 40000 heures de travail qui devaient initialement être délocalisées en Arabie Saoudite et aux Etats-Unis.

"Le prochain gros chantier c'est le projet industriel..."

Une annonce accueillie avec soulagement par les syndicats. « Il était important pour nous de ne pas laisser une brêche s'ouvrir..." précise Alexis Sesmat, délégué syndical Sud.  "L'expérience nous montre en effet qu'il est facile de supprimer des heures à Belfort mais qu'il est toujours très difficile de les récupérer. C'est donc une satisfaction. Désormais le gros chantier qui nous préoccupe c'est le projet industriel car c'est ce projet qui doit nous permettre à l'avenir d'amener de l'activité à Belfort. Nous allons faire face à une crise économique dont on ne mesure pas encore les conséquences. Notre but c'est donc d'avoir de l'activité qui soit propre à Belfort et pour laquelle nous serons experts. Une activité qui ne soit pas délocalisable".

Réaction identique pour Philippe Petitcolin, délégué syndical CFE/CGC. « C'est un soulagement après 3 semaines de négociations qui ont connu des hauts et des bas. Nous sommes satisfaits de pouvoir garder l'activité à Belfort, de démontrer qu'ici nous sommes capables de  mobiliser les salariés  et que dans les moments difficiles nous pouvons nous retrousser les manches et augmenter notre capacité de production..».

" Nous sommes échaudés.. Nous allons rester vigilants..."

Selon les syndicats, cet accord sécurise les salariés, mais ils précisent d'ores et déjà qu'ils resteront très vigilants à l'avenir. "Les salariés étaient mobilisés pour garder ces heures.." poursuit Alexis Sesmat. "Mais il y  a tout de même une vigilance car nous sommes tous échaudés. Nous sortons à peine d'un Plan de Sauvegarde de l'Emploi ( PSE ) qui a failli faire fermer le site de Belfort et donc il y a de l'incompréhension. Comment quelques semaines après l'execution  de ce PSE peut-on nous dire « on n'est plus capables de produire ?". 

Et Philippe Petitcolin de confirmer. " Avec le Covid 19, nous avions réduit le temps de travail à 7h par jour mais nous sommes déjà revenus aux horaires d'avant Covid. De plus, au mois de juin nous devions être à 75% de l'activité or nous sommes actuellement à plus de 85%. Pour ce qui concerne les jours travaillés, nous allons devoir assurer la production 20 samedi par an. Nous serons donc très attentifs à ce que cette surcharge de planification ne repose pas sur les mêmes personnes. Nous demanderons que des intérimaires puissent être recrutés dans les secteurs les plus critiques  et que d'autres salariés soient formés pour épauler leurs collègues...".

1O axes de développement pour péréniser l'activité sur le site de Belfort..

Désireuses de capitaliser sur ces avancées, les organisations syndicales s'intéressent déjà aux prochaines échéances capitales qui s'annoncent et qui seront déterminantes pour l'avenir de l'entreprise. Philippe Peticolin a déjà coché une première date sur son calendrier " Le comité paritaire du 24 juin à Bercy. C'est là bas que sera présenté le projet industriel pour les prochaines années. Nous considérons en effet qu'aujourd'hui notre site n'est pas viable. Nous avons donc travaillé depuis plusieurs mois à l'élaboration de 10 axes de développement susceptibles de le relancer. Nous n'avons éludé aucune question : combien cela coutera t'il ? Combien est ce que cela rapportera ? Comment se situera la concurrence ? En quoi le site de Belfort est-il  mieux placé que d'autres ? Nous avons présenté ces 10 axes de développement au gouvernement au mois de mars. Nous attendons maintenant de savoir quelle sera la stratégie de General Electric. Nous souhaitons que ce projet assure la pérénité du site pour les 15 ou 20 prochaines années, c'est essentiel. La direction va devoir s'engager. Les décisons doivent être prises rapidement. Nous pensons notamment à l'hydrogène, qui représente un enjeu très important pour nous. Nous sommes notamment convaincus que l'avenir ce sera que nos turbines à gaz puissent brûler de l'hydrogène, sans émettre de CO2. Si nous arrivons à faire de Belfort un site d'excellence mondiale de l'hydrogène, il sera sauvé..".

 

De son côté, la CGT n'a pas souhaité signer l'accord malgré l'injonction de la direction de GE, qui dans un premier temps avait exigé que toutes les organisations syndicales soient signataires.

Rendez-vous est pris avec l'intersyndicale pour une signature ce vendredi.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
social économie general electric