PHOTOS. Le guêpier d'Europe, un des plus beaux oiseaux du monde a quitté la Franche-Comté

© Jean-Stéphane Maurice
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Ses couleurs magnifiques laissent à penser qu'il vit dans une contrée des plus exotiques. Pourtant, le guêpier d'Europe passe plusieurs mois de l'année dans notre région où il vient se reproduire. Il y a quelques jours, il a repris son long voyage vers l'Afrique en compagnie de ses petits. 

Par Jean-Stéphane Maurice

Le guêpier d'Europe compte parmi les plus beaux oiseaux que l'on rencontre sur notre territoire et plus particulièrement en Franche-Comté. De la taille d'un merle, il est souvent confondu par les non-initiés avec le martin pécheur lui aussi très coloré. Car ce qui frappe avant tout lorsqu'on observe cet oiseau, c'est la palette de couleurs extraordinaires que revêt son plumage. Le dessus est marron roux, le dos jaune, les ailes et la queue sont bleu-vert, le front est légèrement blanc. La gorge jaune vif est soulignée d'un délicat trait noir avec une touche de turquoise au dessus d'un oeil rouge vif. Il vit en colonie que l'on repère grâce à leurs nombreux cris très stridents. 
Les guêpiers dans les coquelicots


Son bec fin, courbé vers le bas, lui permet de saisir en vol les insectes volants dont il est très friand. Son nom vient des guêpes qu'il chasse mais il préfère surtout les libellules, les papillons, les coléopteres et les abeilles. 
L'oiseau aime se poster sur une branche, une clôture ou un fil électrique avant de se lancer à la poursuite de sa proie. Mais contrairement aux hirondelles, le guêpier n'avale pas l'insecte en vol. Il préfère le déguster sur son perchoir favori. Il n'est pas rare de voir cette scène étonnante où il cogne fortement une abeille pour l'assommer et surtout pour arracher le dard des espèces venimeuses. Une fois digérées, il va recracher, sous la forme de pelotes, les parties dures du corps des insectes.

 
© Jean-Stéphane Maurice
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À la fin du mois d'avril, les colonies de guêpiers commencent à arriver dans le Doubs et le Jura. Après un long voyage depuis l'Afrique de l'Ouest, ils se regroupent en petites colonies pouvant atteindre plusieurs dizaines d'individus. Ils s'installent sur les berges sablonneuses des cours d'eau afin de construire le terrier qui leur servira de nid. Avec leurs becs, ils vont creuser un tunnel parfois de plus d'un mètre de long. 

Les mâles vont commencer à séduire les femelles en leur proposant en offrande le fruit de leur chasse. Rien ne distingue la femelle du mâle si ce n'est un plumage très légèrement moins coloré. Après cette période de séduction qui laisse apparaître une certaine tendresse, les oiseaux s'accouplent dans un moment furtif haut en couleur. 
 
© Jean-Stéphane Maurice
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La femelle dépose plusieurs œufs dans le nid qui seront couvés durant trois semaines. Les petits vont ensuite commencer à sortir de l'entrée pour recevoir la nourriture que les parents sont partis capturer dans un ballet incessant de flèches multicolores. À un mois, les petits vont commencer à prendre leur envol. Les parents vont alors débuter leur apprentissage de la chasse aux insectes volants pour se nourrir eux-mêmes. La famille restera unie jusqu'au grand départ vers l'Afrique à la fin du mois d'août. Les colonies partiront alors ensemble pour un voyage de plusieurs milliers de kilomètres.
© Jean-Stéphane Maurice
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Débutant en photographie animalière, c'était ma première rencontre avec cet oiseau fascinant à observer. Je l'ai surnommé le "petit ange coloré". Cependant, je me suis beaucoup renseigné avant d'aller à sa rencontre. J'ai d'abord été l'observer discrètement à la jumelle afin de mieux comprendre ses habitudes. J'ai commencé ensuite à prendre des clichés en affût, quasiment invisible. Car ce petit oiseau est très sensible au dérangement. La période où il se trouve en Franche-Comté est le moment où ils viennent s'accoupler et assurer la pérennité de l'espèce. Ils sont très sensibles au dérangement. Si vous tombez sur des guêpiers, ne cherchez pas à vous approcher des nids. Contentez-vous de les regarder au loin (avec une paire de jumelles, c'est encore mieux). Si vous savez être discret, ils viendront vers vous en toute confiance en vol lors de leur chasse en virevoltant au-dessus de vos têtes. Si par le plus grand des hasard vous deviez vous trouver à moins d'une quinzaine de mètres de la zone ou se trouve les terriers, éloignez-vous immédiatement car votre présence empêchera les parents de rentrer au nid nourrir les petits.
 
© Jean-Stéphane Maurice
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Pour complèter cet article, je vous suggère le travail photographique de mon ami photographe Séverin Rochet qui a beaucoup travaillé sur le guêpier d'Europe et qui sort son premier livre "Si la nature m'était Comté" dans lequel il a mis quelques uns de ses clichés sur ce magnifique oiseau. 
 
© Séverin Rochet
© Séverin Rochet


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