Haute-Saône : le centre de tri peut désormais trier capsules de café et autres petits métaux

Mis en service en 2006, le centre de valorisation des déchets de Noidans-le-Ferroux, qui collecte 628 communes de Haute-Saône et du Doubs, inaugure 5 trieurs optiques et 2 champs électromagnétiques qui vont permettre de capter notamment les dosettes de café. Portes ouvertes samedi 2 octobre.

C'est dans cet important bâtiment que la plupart des déchets de Haute-Saône et d’une partie du Doubs sont convoyés. À Noidans-le-Ferroux, entre Vesoul et Gray, l'imposant centre de valorisation des déchets est visible de loin à l'entrée de la commune. Construit en 2006, il collecte les ordures ménagères et le "bac jaune" de 628 communes adhérentes du Sytevom*, responsable du traitement des déchets, réparties sur les deux départements, soit 262 000 habitants. C'est le centre névralgique du tri, là où la plupart des emballages collectés sont criblés, séparés, ordonnés puis reconditionnés pour être ensuite redirigés vers moultes filières de recyclage.

Deux champs magnétiques pour capter les petits métaux

Après plus d’un an de travaux et 8,5 millions d’euros d’investissement public, cette fourmilière du tri sélectif ouvre ses portes au public samedi 2 octobre pour fêter son inauguration officielle, qui a lieu vendredi 1er. De 9h30 à 17h, des visites et différents ateliers sont proposés sur réservation pour sensibiliser "au réemploi et à la valorisation des déchets", explique un communiqué du Sytevom. Entièrement rénové, le site passe d’une capacité annuelle de 20 000 à 30 000 tonnes de déchets triés. On parle bien ici du bac jaune, puisque les ordures ménagères sont incinérées au même endroit, mais par un autre exploitant, à hauteur de 41 000 tonnes par an.  

Deux séparateurs à courant de Foucault, une technologie encore rare dans les centres de tri, sont donc arrivés cette année à Noidans-le-Ferroux. Fabriqués en Meurthe-et-Moselle par l’entreprise Lenoir, ils permettent, au moyen d’un champ electro-magnétique, de capter des petits éléments en aluminium comme des plaquettes médicamenteuses, des capsules de canettes ou encore emballages comme les gourdes de compotes pour les enfants, qui étaient jusqu’ici incinérés ou enfouis. « Auparavant ils partaient en refus de tri, explique Christophe Tary, directeur général des services au Sytevom. On avait un centre de tri très mécanisé mais qui reposait peu sur des outils technologiques. » C’est désormais chose faite.

 

Les capsules de café enfin valorisables.

Parmi les nouveaux éléments captés par ces gros aimants, les capsules en aluminium qui composent les dosettes de café. Les deux machines de 300 000€ chacune ont d’ailleurs été financées par l’Arca (Alliance pour le recyclage des capsules en aluminium), dont fait partie le fabricant Nespresso. En effet, la question du recyclage devient déterminante dans l’image que souhaitent renvoyer les producteurs de dosettes au consommateur. « Ils nous accompagnent pour être plus vertueux, car ils sont intéressés par le recyclage des capsules, quelle qu’en soit la marque », expose Christophe Tary.

On le voit, les refus de tri ont diminué, c’est significatif.

Christophe Tary, directeur général des services au Sytevom

5 nouveaux trieurs optiques et des conditions de travail améliorées

Un peu plus loin sur la chaîne interviennent ensuite les trieurs optiques, au nombre de 7 désormais, après l’arrivée des 5 nouveaux, fabriqués par l'entreprise Pellenc à Aix-en-Provence. Auparavant capables de trier deux matières en même temps, ils sont aujourd’hui en mesure de reconnaître et séparer 3 types de plastiques simultanément : « On peut sortir une bouteille d’eau claire, une colorée, et une bouteille de lait sur un même flux, avec un taux de réussite de 95% », illustre Christophe Tary.

Les trieurs comme les courants de Foucault augmentent d’ores-et-déjà significativement la vitesse de tri, mais aussi le niveau de captation, amortissant ainsi l’investissement dont ils ont fait l’objet. Le nouveau système est d’ailleurs encore en test, mais les premiers résultats sont très encourageants pour le Sytevom : de 5 ou 6 tonnes triées à l’heure, le nouveau centre en absorbe de 10 à 11.

L’investissement est amorti avec la diminution du coût d’exploitation de 30%

Christophe Tary, directeur général des services au Sytevom

L’essentiel de la sélection des déchets est désormais effectué par les machines, et les opérateurs du site sont davantage concentrés sur le contrôle du processus industriel. C’était justement l’un des objectifs de la transformation du site, justifie Christophe Tary : « On arrivait à saturation. Avant on tournait en 3 postes avec des équipes de nuit, maintenant il n’y a plus qu’un poste. » Résultat : une diminution du coût d’exploitation d’environ 30%. Ergonomie, éclairage, climatisation, insonorisation, les conditions de travail sont décrites comme meilleures, et le niveau de compétence du personnel, accru. En tout, près de 40 personnes travaillent dans le centre de tri pour l’exploitant Coved, filiale du groupe français Paprec.

L’un des centres de tri « modèles » en France.

Depuis 2016, le site de Noidans-le-Ferroux est capable de trier la plupart des emballages. C’est ce qu’on appelle l’extension de consignes de tri qui a permis aux habitants de jeter quasiment tous leurs emballages dans le bac jaune, faisant de la Haute-Saône l'un des départements les plus en pointe sur la problématique du recyclage. Un argument qui a convaincu la collectivité Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) de confier ses déchets au Sytevom. Aujourd’hui près de 1700 tonnes de déchets des bacs jaunes de PMA sont donc convoyées à Noidans. Un chiffre amené à doubler d’ici peu, grâce à ces nouveaux outils de tri.

La question se pose pourtant. Est-il rationnel de faire venir chaque jour des déchets par camion depuis une collectivité voisine ? Oui, selon Christophe Tary, : « Ils avaient le choix de fermer leur centre de tri ou d’en recréer un, ils l’ont fermé en 2016. » La logique sous-jacente étant de favoriser un plus petit nombre de centres de tri, mais plus efficients, au niveau national. « S’il faut aller chercher les déchets à 500 km, ça ne va satisfaire personne. L’objectif est de faire du dépannage ou du partenariat avec les régions voisines. »

Deux collectivités alsaciennes intéressées

Ainsi, sur 250 centres de tri en France, une centaine de sites comme celui du Sytevom devraient être maintenus, et appelés à devenir des références, à l’instar de celui d’Epinal, le plus proche de notre région. Mais chaque département n’a pas les mêmes avancées en matière de tri sélectif. Alors que la loi avait fixé pour 2022 l’extension de la consigne de tri à tous les emballages plastiques, toutes les collectivités ne disposeront pas à temps de l’outil adéquat.

Le nouveau centre de tri de Noidans, lui, est donc prêt pour l’entrée en vigueur de cette obligation légale. « On va être beaucoup sollicités », prévoit Christophe Tary.  Dès la fin d’année, deux collectivités alsaciennes intéressées devraient d’ailleurs se rapprocher du Sytevom pour le traitement de leurs « bacs jaunes ».

 

* Sytevom : Syndicat mixte à vocation unique pour le Transfert, l'Elimination et la Valorisation des Ordures Ménagères

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