Un sapeur-pompier de Haute-Saône crée "R-O", un système pour évacuer les victimes plus rapidement

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Écrit par Rachel Rodrigues

Originaire de Haute-Saône, Olivier Rognon a inventé un système d'évacuation qui facilite le sauvetage des victimes. Pour que son projet voit le jour, il fait appel au financement.

Ce sont deux lettres riches de sens. R-O : en référence d'abord aux initiales de son créateur, Olivier Rognon. Elles renvoient également à l'héroïsme de sa mission : sauver des vies.

Sapeur-pompier depuis plus de 25 ans, le haut-saônois d'origine Olivier Rognon a créé ce système afin de faciliter les sauvetages et évacuations de victimes lors d'opérations.

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Le dispositif "R-O" pour sauver des vies plus rapidement ©DR

Aujourd'hui en contact avec un bureau d'études des Hauts-de-France, Olivier Rognon a besoin de 33 400 euros pour mener à bien son projet et espérer aboutir à un prototype final.

Il a lancé une campagne de crowdfunding (financement participatif) pour financer les études et la mise aux normes de son invention, accessible jusqu'au 30 janvier.

Augmenter les chances de survie

Le système R-O est autonome et comprend deux petits boîtiers ainsi qu'une sangle pouvant s'accrocher à n'importe-quel type de ceintures. "Il est également réglable en fonction du gabarit, et selon la manière dont on décide de l'accrocher", précise Olivier Rognon. 

L'idée lui est venue il y a 5 ou 6 ans. À l'époque, il constate un manque technique au moment des interventions et du sauvetage des victimes. 

À l'instar du défibrillateur qui doit être installé rapidement, il fallait trouver une solution pour dégager les victimes le plus vite possible pour augmenter les chances de survie de la personne.

Olivier Rognon, sapeur-pompier et créateur du système "R-O"

à France 3 Franche-Comté

"De cette manière, on peut se tenir debout, ne travailler que les cuisses, et avoir les mains libres pour tenir une arme de défense ou contrer un effet", ajoute-t-il. 

Déterminé à réaliser son projet, Olivier se met donc au travail, et fabrique lui-même son premier prototype, avec sa propre machine à coudre. Une fois le système terminé, il le teste avec plusieurs amis et collègues, qui le valident d'emblée. 

Succès immédiat

Un jour, alors qu'il publie une vidéo sur LinkedIn présentant le projet, les retours positifs se multiplient. "C'est parti en flèche", confirme Olivier. Peu de temps après, un bureau d'ingénierie de la Somme le contacte et lui propose de travailler ensemble sur le projet.

Résultat du devis : il faudra compter 33 400 euros pour couvrir l'ensemble des dépenses qui permettraient d'arriver à un prototype abouti. 

Ce bureau d'études me permettra de réellement tester l'objet sur des personnes, et de calculer toutes les contraintes. Il me donnera toutes les clés en main pour que je puisse ensuite le commercialiser.

Olivier Rognon, sapeur-pompier et créateur du système "R-O"

à France 3 Franche-Comté

Si l'argent manque encore, l'intérêt, lui, est déjà bien présent. Olivier Rognon raconte avoir été approché par les pompiers de Lausanne, en Suisse, ainsi que par une association de policiers. Sur Twitter, le syndicat de la Police nationale CFTC a également salué l'innovation. 

Enfance et débuts haut-saônois

Avant de s'implanter dans le nord de la France, le sapeur-pompier est longuement passé par la Franche-Comté. C'est d'ailleurs en Haute-Saône que tout commence pour lui, dans le village de Moffans-et-Vacheresse, où il passe son enfance.

Scolarisé à Belfort à l'école et au collège, puis au lycée Bartholdi de Lure, c'est aussi dans son village natal qu'il s'engage pour la première fois en tant que sapeur-pompier volontaire. "J'y suis resté entre 1993 et 1998", raconte-t-il. 

La suite, Olivier Rognon l'effectue d'abord à la capitale, à la bridage des pompiers de Paris, où il restera 16 ans et demi. Il passera même quelques années à Kourou, en Guyane, avant de se voir proposer un détachement à Amiens, en tant que sapeur-pompier professionnel, à partir de 2013.

Désormais domicilié à Albert, dans la Somme, il reste "très attaché" à sa région natale et raconte revenir en Haute-Saône dès qu'il peut, avec sa femme, pour rendre visite à sa famille.