Coronavirus Covid-19 : la direction de PSA Vesoul met-elle ses salariés en danger ?

© France 3 Franche-Comté : Denis Colle
© France 3 Franche-Comté : Denis Colle

C'est la CGT de PSA Vesoul qui alerte... En dix jours, le nombre de salariés suspectés d'avoir attrapé le virus a été multiplié par trois. Pourtant le travail continue sur le site haut-saônois, pendant l'épidémie liée au coronavirus. 

Par Isabelle Mounier

"C'est un chiffre ahurissant ... c'est énorme !" s'exclame Cédric Fisher. "On alerte depuis le début de la crise et pour nous la CGT ça signife tout simplement que les mesures sanitaires prises par la direction ne suffisent pas... La seule mesure de prévention qui aille c'est de rester chez soi". 

La colère du syndicaliste haut-saônois après les chiffres transmis mercredi 1er avril par la direction même du site sur les cas de covid-19 dans l'entreprise. Sur les quelque 3000 salariés qui travaillent à Vesoul, 1200 sont restés en poste depuis le confinement. 128 d'entre eux présenteraient des symptômes du Covid-19, soit plus de 10% de l'effectif actuel.

Du côté de FO et de la CFTC, les prises de paroles sont plus mesurées et moins alarmistes.
Pour Jean-Yves Poulet, délégué FO à PSA Vesoul "le risque zéro n’existe pas, tout le monde aurait souhaité que l’usine ferme totalement mais c’est impossible."
Tout en reconnaissant qu’effectivement 128 cas suspects sont recensés, Jean-Yves Poulet estime que des mesures sanitaires sont mises en place même si elles ne sont pas suffisantes. "Les postes de travail sont nettoyés, désinfectés toutes les heures. Les sols sont lavés toutes les deux heures, des bandes au sol permettent de respecter les distances de sécurité. Tous les salariés portent des masques et certains des gants et lunettes. Chaque matin, le salarié doit remplir une fiche où il rend compte de son état de santé."
Et si le salarié ne dispose pas de ces mesures, il pourra utiliser son droit de retrait tient à rappeler Jean-Yves Poulet..
 

Pourquoi l'activité se poursuit sur le site ?


Contrairement aux usines de production comme Sochaux ou Mulhouse, le site PSA de Vesoul, spécialisé dans les pièces détachées, continue à fonctionner. La direction explique que c'est une nécessité pour assurer la réparabilité des véhicules durant la crise.
Une position partagée par FO et la CFTC  qui contrairement à leur collègue cgtiste, ne réclament pas l’arrêt de la production. 
Aujourd’hui l’activité tourne au ralenti, elle a baissé de 90 %. Selon Jean-Paul Guy de la CFTC, il est nécessaire de poursuivre le travail. "Le centre logistique permet de fournir en pièces détachées près de 150 plateformes dans toute l’Europe et assure le maintien en état de marche des véhicules de soignants, caissières et autres professions indispensables dans la gestion de la crise."

Pour Cédric fischer, délégué CGT à PSA Vesoul, la distribution des pièces détachées ne constituent pas "une activité essentielle et encore moins vitale pour assurer les besoins primaires de la population".

Et Jean-Paul Guy de la CFTC d'ajouter "la peur est palpable au sein des ateliers. Les salariés craignent de ramener le virus chez eux".
Pour autant ni lui, ni son collègue de FO ne demande l’arrêt complet du travail.
 

Ce que redoute le plus à ce jour la CGT ?


Ce sont des victimes alors Cédric Fischer demande plus que jamais l'arrêt de l'activité. 
"S'il y a des morts,  on exclue pas la possibilité d'attaquer en justice la direction de PSA et on appelle à l'union syndicale pour faire le forcing et on encourage les salariés à exercer leur droit de retrait ".
Le délégié CGT ajoute que "la direction profite du chaos provoqué par l'épidémie pour préserver et même conquérir de nouvelles parts de marché ... il faut savoir que l'activité pièces de rechanges est une activité à haute valeur ajoutée." 

La direction du site de PSA Vesoul n'a pour l'instant pas répondu à nos sollicitations. 
 

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