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Drame familial à Villeparois : les autorités étaient prévenues des risques d'une “issue tragique”

La gendarmerie, lundi 24 juin au matin, à Villeparois. / © France 3
La gendarmerie, lundi 24 juin au matin, à Villeparois. / © France 3

Me Marie Grimaud, l'avocate du père, dont le corps présumé a été retrouvé carbonisé lundi 24 juin en Haute-Saône aux côtés de son fils (si l'autopsie le confirme), avait envoyé deux lettres aux magistrats en charge de l'affaire. Elle redoutait "une issue tragique". 

Par TMD, avec FC

Ce lundi 24 juin, à Villeparois (Haute-Saône), deux corps carbonisés, l'un de taille adulte et l'autre de petite taille, ont été retrouvés sur un chemin champêtre à 7h22 par un promeneur. Il s'agirait d'un habitant du village, Hervé Delaunay, et de son fils de 9 ans. 

Depuis 2015, Hervé Delaunay était en instance de divorce. Il avait obtenu la garde exclusive de son fils, la mère n'ayant qu'un droit de visite médiatisé, une heure toutes les deux semaines. 


L'avocate craignait une "issue tragique"

Selon l'une de nos journalistes en contact avec lui, Hervé Delaunay voulait fonder une association pour "aider d'autres pères dans son cas". Il nous avait confié s'être brouillé avec les éducateurs en charge de son fils, qu'il accusait de ne pas être assez rigoureux avec l'enfant. Finalement, le 21 mai dernier, suite à un rapport défavorable des services sociaux contre le père, la juge des enfants a décidé de soustraire son fils et de le placer en famille d'accueil.

Le motif avancé par la justice, selon Me Grimaud : "un enfant manipulé par un père trop protecteur et fusionnel". Le père qualifiait ce placement de "sanction" pour s'être opposé à l'institution. Son avocate, Me Marie Grimaud, qualifiait cela de "placement abusif". Le père avait fait appel. Celui-ci devait être examiné en septembre.

Devant le "désarroi du père et du fils", Me Marie Grimaud, avait averti les magistrats du tribunal de Vesoul en disant qu'elle redoutait une "issue tragique". "Il m'était très compliqué de savoir quelle était la volonté réelle de mon client. Tantôt il se projetait, tantôt il ne se projetait plus. En revanche, ce qui a déterminé les deux courriers que j'ai envoyés, c'est la violence des services sociaux qui ont exercé une pression telle sur mon client, qu'il pouvait basculer" nous précise-t-elle.  


Une plainte contre l'Etat ? 


De leur côté, ni la mère, ni son avocate, n'ont encore communiqué officiellement sur ce drame. En revanche, nous avons réussi à joindre le président de l'association "SOS exclusion parentale", dont la mère de l'enfant est vice-présidente. Le président, Claude Néris, nous a informés que l'association avait alerté il y a plus d’un an le Procureur de la République, le Préfet, le Défenseur des droits et le juge des enfants sur une situation qu’elle jugeait anormale, après la non-présentation de l’enfant à la mère pendant la garde classique.

La décision suivante de la justice a été de restreindre le droit de visite de la mère à un "droit de visite médiatisé". Claude Néris explique que "la maman vivait très mal cette privation" et a demandé, via son avocate, le placement pour "rétablir une égalité entre les parents". 

Le placement prévoyait une visite d'une heure par mois pour chaque parent. L'association "SOS Exclusion parentale" et la mère trouvaient le placement sous cette forme "inhumaine". Ce jeudi 27 juin, si l'autopsie confirme l'identité des deux corps, l'association "SOS exclusion parentale" envisage de porter plainte contre l'Etat pour mise en danger de la vie d'autrui. 

Contacté, le Procureur de la République de Vesoul n'a pas répondu à nos sollicitations. Le président du conseil départemental de Haute-Saône, Yves Krattinger, ne souhaitait quant à lui pas commenter une enquête en cours. Il a tenu à rappeler néanmoins que les services de protection de l'enfance de son département effectuaient un travail complexe et avaient toute sa confiance. 

 

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