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EN IMAGES. Mon face à face avec un cerf

© Jean Stéphane Maurice
© Jean Stéphane Maurice

La période du brame vient de se terminer. Nous sommes allés à la rencontre de ce seigneur de nos contrées boisées. Nous voulions d'abord entendre son cri rauque traverser la pénombre en espérant aussi une rencontre. Direction la forêt de Chaux entre Doubs et Jura, l'une des plus vastes de France.
 

Par Jean-Stéphane Maurice

Le brame, c’est le rendez-vous incontournable de beaucoup de passionnés de nature et des cerfs. Il intervient vers la mi-septembre pour une période d'environ un mois. Ce terme désigne le rut chez cette espèce. 

Le cri du brame tient du rugissement et du mugissement et s’entend à plusieurs kilomètres de distance. Le mâle avertit ainsi les biches de sa présence, intimide ses concurrents potentiels et défie les autres mâles qui s’aventureraient sur son territoire. 

Arrivés à 6h15. La nuit est profonde et l’ombre des arbres se dessinent dans les reflets de lune. Autour de moi, j'entends déjà, transperçant l’obscurité, le raire guttural de ces mâles qui se défient. C’est très impressionnant. Mélange de peur et d’envie de s’approcher un peu plus près.

Il est l’heure pour moi de m’enfoncer dans la nuit. Dans cette folie hormonale, il n’est pas rare de voir leur silhouette traverser à l'aube ces longues artères boisées. C'est une affaire de chance.

Trois heures que je sillonne la forêt de Chaux . Le jour a fini par se lever et les raires se sont calmés. Je n’ai vu que quelques biches traverser au loin. L’atmosphère et le ressenti que l’on peut avoir à traverser cet endroit d’où sortent des sons presque effrayants est absolument magique.

Tout à coup, j’entends comme le bruit d’une branche cassée. Je lève les yeux vers cette forêt de fougères qui me fait face. Deux petites pointes traversent cette dense végétation et viennent dans ma direction. Il est là, tout près de moi et je dois me faire le plus discret possible pour ne pas rater cette rencontre.
 
© Jean Stéphane Maurice
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Tout doucement, je m’abaisse afin de casser ma silhouette. J’ai juste eu le temps de saisir l’appareil photo que j’emporte avec moi. Mes gestes sont lents et j’ai la chance d’être à bon vent. L’animal ne me sent pas et continue de progresser tranquillement. Sa tête sort des feuillages et il marque un temps d’arrêt comme pour observer la situation. C’est un jeune cerf mais il est magnifique.

 
© Jean Stéphane Maurice
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D’un saut majestueux, il arrive sur le chemin blanc. Il n’y a plus que quelques mètres qui nous séparent.

 
© Jean Stéphane Maurice
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Il est là face à moi et il a fière allure. Celui que j’étais venu entendre en espérant sans trop y croire une telle rencontre se montre enfin.
Son regard se porte vers ma direction. Il m’a repéré mais n’est aucunement effrayé. C’est maintenant lui qui m’observe alors que je tente d’immortaliser cet instant par quelques clichés. Ma position agenouillée et mes habits sombres me distinguent de toute forme humaine.

 
© Jean Stéphane Maurice
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Le face à face va durer une bonne minute. Intrigué mais nullement effrayé, ce jeune cerf préfère rebrousser chemin. Il traversera plus loin. Je découvre son flanc gauche maculé de boue. Il vient de se rouler dans une souille afin de se débarrasser des parasites.
 
© Jean Stéphane Maurice
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D’un magnifique saut, tout en puissance mais aussi en légèreté, il disparaît comme il était venu dans les fougères.

 
© Jean Stéphane Maurice
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© Jean Stéphane Maurice
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Le cœur palpitant encore de cette rencontre impromptue, je regagne ma voiture des images et des sons plein la tête. Croiser un cervidé en liberté est une chose rare et il faut la savourer. Beaucoup sont ceux qui verront dans leur vie un éléphant avant d’observer la démarche altière d’un cerf dans la forêt.


Cliquez pour écouter le brame du cerf

©http://www.randonneur.net


On peut parfois apercevoir un cerf en se promenant tôt le matin ou à la tombée de la nuit sur les chemins blancs de la forêt de Chaux.
 
 

Des cerfs qui créent la polémique en forêt de Chaux 


La population de cervidés est trop nombreuse selon l'Office Nationale des Forêt. En se nourrissant de jeunes pousses, ils menacent l'économie forestière. Pour 2018, 338 cerfs, daguets et biches devront être abattus. Depuis 2009, les plans de chasse ont été multipliés par trois au grand dam des naturalistes et même des chasseurs.

► Revoir le reportage France 3 Franche Comté d'Emmanuel Rivallain et Jean Stéphane Maurice
 


 

Quelques conseils si vous allez écouter le brame du cerf

 

  • Il est primordial de respecter l'animal afin de le déranger le moins possible.
  • Les meilleurs moments pour assister au brame sont le lever et le coucher du soleil.
  • Se vêtir d'habits sombres et ne pas hésiter à cacher ses mains et son visage pour casser toute forme humaine.
  • Ne pas sortir des chemins blancs si l'on n'a pas une bonne expérience de la forêt et des cervidés. 
  • Même si on y va pour écouter le brame, une paire de jumelles ou un appareil photo peuvent immortaliser une rencontre

 

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