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Amiante : l'espoir des victimes bourguignonnes

D'ex-salariés bourguignons attendent avec impatience le jugement qui doit être rendu lundi 13 février 2012

20 ans de prison ferme ont été requis contre deux anciens dirigeants de la société Eternit, qui fabriquait de l'amiante. Cette fibre hautement toxique a fait des milliers de victimes en Bourgogne et dans plusieurs pays européens.

Plusieurs procès contre Eternit ont déjà eu lieu en France, à chaque fois devant des tribunaux civils pour obtenir des indemnités. Mais, cette fois, le procès dont on attend l'issue se déroule en Italie. Il a débuté en 2009 à Turin et il est inédit par son ampleur.

Environ 6 000 personnes, associations et municipalités d'Italie se sont portés parties civiles. Comme en France, l'entreprise Eternit est accusée d'avoir continué à utiliser de l'amiante en toute connaissance de cause, alors qu'on connaît sa dangerosité depuis les années 1950 au moins.

Si la Bourgogne suit cette affaire de près, c'est que l'amiante a tué de nombreux salariés dans la région : au moins 120 morts dans l'usine de Vitry-en-Charollais. Ils ont succombé à un mésothéliome, le cancer de l'amiante, car dans ses filiales françaises comme ailleurs, Eternit a utilisé ce matériau jusqu'à la veille de son interdiction en 1997.

Quand le procès s'est ouvert à Turin le 10 décembre 2009, une centaine d'anciens salariés de Saône-et-Loire n'a pas hésité à faire le déplacement jusqu'en Italie. Lundi 13 février 2012, une délégation de victimes bourguignonnes de l'amiante sera de nouveau présente. Tous veulent encore espérer que ce procès servira d'exemple.

100 000 morts d'ici 2025

Cependant, si à Turin, 20 ans de prison ferme ont été requis contre les deux industriels, en France, un procès pénal de l'amiante semble de plus en plus hypothétique. Les premières plaintes au pénal ont été déposées en 1996.

En novembre 2009, Joseph Cuvelier, ancien dirigeant français d'Eternit avait été mis en examen par une juge française pour "homicides et blessures involontaires". Mais, cette décision a été annulée en décembre 2011 par la cour d'Appel de Paris. Pourtant, l'amiante est jugée responsable de 10% à 20% des cancers du poumon en France et elle devrait être responsable de 100 000 morts d'ici 2025, selon les autorités sanitaires.

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