Yonne : une surveillante de prison mise en examen

Une chef de la détention, qui aurait eu des relations illicites avec un prisonnier, a été mise en examen

Cette femme de 43 ans est soupçonnée d'avoir fourni un téléphone à un détenu, avec lequel elle aurait eu une relation amoureuse.

Elle a été "mise en examen des chefs d'introduction illicite d'objets, d'acquisition et de détention de produits stupéfiants", a déclaré le procureur de la République d'Auxerre, François Pérain, mercredi 16 mai 2012.

Parmi les objets introduits dans l'enceinte du centre de détention de Joux-la-Ville figurent "un téléphone, des accessoires téléphoniques, une carte SIM et des stupéfiants", a détaillé le magistrat. La surveillante nie les faits qui lui sont reprochés. Elle a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre au centre de détention de Joux-la-Ville et d'entrer en relation avec le personnel.

En mars dernier, une information judiciaire avait été ouverte contre deux détenus de cet établissement : l'un, qui nie une relation avec la surveillante, était en possession d'un téléphone portable; l'autre avait une puce de téléphone, "qui lui aurait été remise par la surveillante", avait indiqué une source judiciaire.

Une relation difficile avec sa hiérarchie

La surveillante, hospitalisée suite à sa tentative de suicide, n'avait pas pu être entendue immédiatement par le juge d'instruction en charge du dossier. Dans la lettre qu'elle avait laissée, elle évoquait néanmoins comme explication à son geste une relation difficile avec sa hiérarchie, sans faire mention d'une liaison amoureuse.
 

"Le fait d'avoir une relation amoureuse avec un détenu n'est pas une faute pénale pour un surveillant, ça peut être une faute disciplinaire. Ce qu'on peut reprocher à un surveillant, c'est d'introduire des objets", avait expliqué François Pérain. L'acquisition et la détention de produits stupéfiants sont passibles de "dix ans d'emprisonnement" et l'introduction illicite d'objets, "avec la circonstance aggravante qu'elle était surveillante, est punie de 3 ans de prison", a précisé le procureur.