“J’ai une centaine de demandes par jour”, un engouement encore plus fort pour les balades en chiens de traîneau

La fermeture des remontées mécaniques pour cause de Covid-19 fait le bonheur des mushers. Dans le massif du Jura, certains mushers affichent complet jusqu’à début mars. 

Les mushers n'arrivent pas à répondre à toutes les demandes durant ces vacances de février.
Les mushers n'arrivent pas à répondre à toutes les demandes durant ces vacances de février. © Philippe Trias - maxPPP

Florent Jolibois est musher dans le Doubs. Sa compagnie “Too mush” connaît un hiver exceptionnel. “C’est une année particulière, car on a un bon enneigement depuis le mois de décembre, et on a la crise du Covid-19 qui nous a amené énormément de demandes, ça a pris de l’ampleur” explique le musher professionnel. Quand il est sur son traîneau avec les clients, difficile de répondre à toutes les demandes. Et son téléphone chauffe beaucoup depuis ces derniers jours. “J’ai 100 à 150 appels par jour, sans compter les mails et les sms” avoue le musher. 
 

Privés de remontées mécaniques, c’est l’occasion de faire un tour en traîneau 


Parmi ses clients du jour, Carole. Une touriste venue de la région parisienne, elle connaissait déjà le Jura, mais la crise du Covid l’a clairement amené vers l’activité chiens de traîneaux. “Comme les remontées mécaniques étaient fermées, j’ai regardé ce qu’il y avait à faire. J’ai dû contacter plusieurs compagnies de musher, avant de trouver une place” dit-elle chanceuse. 

D’autres touristes sont arrivés dans les montagnes du Jura, pour profiter des paysages . “On nous a tellement parlé du Jura, qu’on voulait le découvrir. Le chien de traîneau, ça a toujours été une passion de vouloir en faire. Nous voulions faire une découverte de la nature et avec le traîneau, c’était extraordinaire de découvrir des paysages pareils” confie Marie après sa balade dans la neige et sous le ciel bleu.

© Simon Daval - Périples & Cie


"Dans 40% des appels, on nous demande du chien de traîneau"


Dans la petite station des Fourgs, près de Pontarlier, on trouve un seul musher "Jurachiens". À l’office de tourisme, Anne-Sophie Dorier chouchoute les vacanciers pour leur proposer le meilleur séjour et les activités adaptées à chaque famille. “C’est une activité prise d’assaut. Rien qu’aujourd’hui, j’ai donné plusieurs fois le numéro du musher, même si on sait qu’ils sont complets” dit-elle. Il faudra sans doute un désistement de dernière minute pour trouver une place. Comment expliquer cet engouement pour les balades dignes du grand nord ? Il faut aussi chercher côté budget. “Les gens avaient prévu un budget hiver, un budget ski alpin. Ils se disent, je pense, que c’est l’année, pour en profiter et pour faire du chien de traîneau” argumente-t-elle. “Déjà à la base, c’est une activité très prisée, et ce malgré le tarif” ajoute Anne-Sophie Dorier.
 

Pour réserver une balade en chiens de traîneau, mieux vaut réserver bien à l'avance. Même dans le massif du Jura.
Pour réserver une balade en chiens de traîneau, mieux vaut réserver bien à l'avance. Même dans le massif du Jura. © Simon Daval - maxPPP

“Les gens réservent des mois à l’avance”

À Pierrefontaine-les-Varans, les attelages de la Roche Percée affichent eux aussi quasi complet. “Et c’est le cas, tous les hivers” explique Morgane Salvat. “Quand j’ouvre mon planning en septembre, à la mi-octobre, on est déjà complet” dit-elle. Il reste quelques places à répartir ici et là. “Les gens réservent des mois à l’avance” dit-elle. Février forcément, est le gros mois d’activité pour les mushers. “C’est quasi du non-stop, on prend tout de même un peu de repos” rassure-t-elle.

Pour les mushers, impossible de satisfaire toutes les demandes, de dernière minute. Au paradis du nordique, à Chapelle des Bois, dans la superbe combe des cives, les attelages Adams affichent complet jusqu’au 6 mars. 

 “Par respect pour les chiens, on ne peut pas augmenter notre activité” tempère Florent Jolibois, notre musher très demandé au téléphone.

Chiens de traîneau, une activité qui fait le plein en cet hiver sans remontées mécaniques



Pour les mushers du Haut-Doubs et Haut-Jura, cet hiver sans remontées mécaniques aura eu du bon au-delà de l’enjeu économique. Ramener les gens à la nature, au silence du traîneau dans la poudreuse.
 

► Envie de faire du chien de traîneau ? Plus d'informations sur le site internet des Montagnes du Jura

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