Jura : 140 emplois menacés, Jacob Delafon n’a plus de candidat à sa reprise

L’entreprise française Kramer a retiré son offre, en raison de « l’opacité » du vendeur américain Kohler. L’usine de Damparis près de Dole avait été mise en vente en septembre 2020. Le gouvernement dit tenter de renouer les liens du dialogue entre les deux parties.

Jacob Delafon produisait des sanitaires en céramique haut de gamme.
Jacob Delafon produisait des sanitaires en céramique haut de gamme. © Philippe TRIAS/MAXPPP

Jacob Delafon cherche repreneur. L’usine de sanitaires en céramique avait été mise en vente par le groupe américain Kohler en septembre 2020, parce qu’elle « n’entr[ait] plus dans sa stratégie. »

Après s’être déclaré comme candidat à la reprise en février, l’entreprise française Kramer a décidé de lâcher l’éponge vingt jours plus tard. Un projet d’entreprise devait être présenté par la PME de robinetterie d’Etain (Meuse), jeudi 25 février. L’entreprise souhaitait une reprise partielle du site de Damparis à partir du 30 juin prochain, avec la préservation de 91 emplois sur 140 et l'objectif d'augmenter l'effectif au bout de trois ans grâce à la montée en puissance de la production. Son projet reposait sur une première année de fabrication pour le compte de Kohler.

Dans un communiqué, Kramer estime que « l’opacité dont a fait preuve le groupe Kohler en matière d'informations (...) emporte aujourd'hui la conviction de l'impossibilité de mener à bien » le projet de reprise. Le dirigeant de Kramer, Manuel Rodriguez, aurait fait part de « sa déception de n'avoir pu sauver » les emplois, dans une lettre ouverte aux salariés. 

« Mésentente »

Cette situation interroge sur la réelle volonté de Kholer de sauver l'usine née en 1899, selon Olivier Blaise, délégué central CGT de Kohler France. « On se demande s'il a envie de vendre. Si oui, il va falloir qu'il se bouge désormais », a-t-il affirmé auprès de l'AFP.

Toutefois, Kramer avait de son côté posé « de nombreuses conditions », concernant les « volumes de charge », le « coût du matériel et de l'immobilier » et des « aides de l'État », a rapporté M. Blaise. « On a un candidat repreneur qui met ses conditions, et de l'autre Kohler qui a les siennes, il y a sans doute eu mésentente », a-t-il estimé.

Contacté par France 3, Rodolphe Gomis (CFE-CGC) fait part de sa « très grande déception » : « La direction Kohler a subtilement opéré et a réussi ». Le représentant du personnel ne souhaite désormais plus s’exprimer dans les médias.

La fin du « made in France » ?

Marie-Guite Dufay a sollicité l’intervention du Gouvernement dans le dossier Jacob Delafon. « Le risque de voir disparaître le dernier fabricant de sanitaires en céramique de France est grand », lance la Présidente de région à Emmanuel Macron. Dans son communiqué de presse, elle poursuit : « Il serait incompréhensible à l’heure où l’État plaide pour le "made in France" qu’aucun soutien financier ne soit pour l’heure débloqué pour stopper cette délocalisation ».

Sollicité par l'AFP, ni Manuel Rodriguez, ni la direction de Kohler France n'ont souhaité réagir.

Le gouvernement tente de "renouer le dialogue" entre les deux parties

  
La ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher "tente de renouer les liens du dialogue aujourd'hui rompus entre les deux groupes pour voir si une solution de reprise peut exister", a affirmé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'issue du conseil des ministres qui s'est tenu mercredi 24 février.

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