Jura : dans son nouvel EP "Printemps", la slameuse doloise Chloé M chante des lendemains fleuris

La slameuse jurassienne Chloé M nous présente son nouvel EP "Printemps". Une ode au renouveau qui met un point final au fatalisme ambiant. La jeune artiste revient sur la genèse de ses six nouvelles chansons, écrites et enregistrées durant cette année de pandémie de Covid 19.

© Pierre-Emile Havette

Telles une rose trémière ou une clématite, Chloé M s'élève un peu plus vers la lumière. Ses racines sont franc-comtoises. Installée aujourd'hui à Clermont-Ferrand, la jeune femme de 23 ans est originaire de Dole. Après la nuit vient le jour, après l'hiver le "Printemps", titre de son nouvel EP sorti le 16 avril, trois ans après son premier album. Il est le fruit d'une année de travail. Ecrits en 2020, les six titres s'inspirent de l'éprouvant contexte sanitaire. Ils racontent le long chemin de la reconstruction après une épreuve, mais aussi l'amour d'un père, les nuits de doute, la naissance prématurée d'un enfant. Autant de thèmes universels qui nous touchent et font écho d'une manière ou d'une autre à ce que nous vivons.

"Pour écrire sur un thème j'ai besoin de le comprendre, de l'avoir ressenti, je ne parle pas forcément de moi dans les textes, mais de ce qui me touche de près ou de loin" explique-t-elle. Comme bon nombre de jeunes gens, Chloé traverse cette période de crise sanitaire en ayant l'impression de passer de l'insouciance à l'âge adulte en mode accéléré. Le confinement, le manque de perspectives, une jeunesse volée par l'épidémie, l'isolement, un hiver sans fin, le contexte n'est pas lumineux. La musique lui permet de retrouver motivation et optimisme. Alors elle écrit beaucoup, couchant sur le papier ses sentiments. Une fois ses textes rédigés, ses amis dolois, les musiciens Thomas Lacroix et Charles Vandelle vont se charger de composer les musiques. Le résultat est une invitation à percevoir des couleurs dans un tableau noir.

Remonter sur scène sans public après 1 an de vide

Grande timide dans la vie, l'écriture est un exutoire, le moyen d'exprimer ses émotions et de s'extraire de sa chrysalide. "Grâce à mes textes je sors enfin ce que j'ai en moi, je porte des messages qui me semblent importants, je transmets mes valeurs" explique-t-elle. Sur scène, elle dit qu'une autre facette de sa personnalité ressort, une Chloé extravertie. Impatiente de retrouver les salles de concert, elle sait qu'elle ne pourra pas partager ses chansons avec son public avant plusieurs mois. En attendant, elle a eu la chance de jouer et d'enregistrer trois titres sur la scène de la commanderie, à Dole. Ce concert de sortie virtuel sera visible sur sa chaîne youtube ce samedi 24 avril.

 

Le slam, un registre masculin et peu médiatisé

Amoureuse depuis toujours de l'écriture, dès l'enfance, elle compose ses premiers poèmes. "Ma maman m'a toujours lu des histoires, j'adorais ça". C'est plus tard, à l'âge 14 ans qu'elle découvre le slam. "En rentrant du collège, ma petite soeur qui venait d'étudier en classe les textes de Grand Corps Malade me le fait écouter". Et c'est le coup de foudre. Chloé vient de trouver sa voie. Dès l'âge de 15 ans, elle enchaîne les concerts, de petits bars en festivals. Plus tard elle est propulsée dans les grandes salles pour assurer les premières parties d'Amel Bent ou de Grand Corps Malade. Journaliste radio dans la vie, jamais bien loin du micro, elle regrette que le slam soit un genre surtout masculin et peu médiatisé. Chloé M est la preuve chantante que le slam mérite d'être diffusé plus largement. Rafraîchissant.

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