Pagaille, une chienne formée à la détection des punaises de lit

Si les punaises de lit avaient disparu dans les années 50 en France, la recrudescence de ces insectes sur le territoire national est une réalité.  Aujourd'hui il existe des chiens renifleurs, spécialement dressé pour la détection de punaise. Exemple avec Pagaille, une chienne beagle.
Pagaille
Pagaille © NZ / France 3 Bourgogne
Les punaises de lit sont un fléau qui ne touche plus seulement les grandes métropoles.
Ce sont des insectes parasites qui vivent à l'abri de la lumière, dans les espaces sombres. Les chambres à coucher et les salons avec canapé sont principalement touchés.
Et il ne s'agit pas d'un problème de propreté ! Elles peuvent voyager dans vos bagages lors d'un de vos déplacements dans un lieu infesté, bibliothèque, cinéma, transports publics...mais également dans des meubles et vêtements récupérés et achetés d'occasion.

Comment sait-on qu’on a des punaises de lit chez soi ?

Les punaises de lit se nourrissent de sang humain et peuvent survivre plusieurs mois sans se nourrir. Elles peuvent piquer jusqu'à 90 fois en une seule nuit, provoquant des démangeaisons parfois insupportables. Les piqûres ressemblent à des piqûres de moustique et surviennent la nuit, quand les punaises de lit sont actives.
C'est le Co2 (dioxyde de carbone) que l'on dégage lorsque l'on dort qui attire les punaises. C’est pour cela qu’elles ne se situent que très rarement dans les zones comme la salle de bain ou la cuisine.

Depuis peu, il existe des canidés renifleurs au flair infaillible pour dénicher les punaises de lit. C'est le cas de Pagaille, 16 mois, qui piste l’insecte nuisible en compagnie de sa maîtresse Patricia Estivalet.

Le but du chien, c’est de gagner du temps sur la détection. C’est une économie pour les clients car le traitement ne s’appliquera que dans les pièces infestées.

Patricia Estivalet, co-gérante Estivalet services et assainissement

Pagaille, une chienne formée à la détection des punaises de lit


Le choix de la chienne Pagaille

Après plusieurs chantiers de désinfection de façon « traditionnelle », Patricia Estivalet, passionnée d’animaux depuis très longtemps, décide d’acquérir un chien à la détection.
Il existe sur le marché des chiens prêts à la détection et vendus environ 15 000 euros, un budget bien trop élevé pour sa petite entreprise qui venait de démarrer.
Elle décide donc avec son mari d’acheter un jeune chien et de le former elle-même.

Pour cela elle part à la recherche d’un chien avec un flair assez développé naturellement (type chien de chasse) mais également avec des aptitudes pour le travail. Son choix se porte sur la race Beagle.  
"J’ai voulu choisir mon chiot avec les bons caractères. Je voulais un chiot de 2 mois avec les sens éveillés. J’avais caché du fromage et du chocolat dans une poche pour voir si les chiots  réagissaient. Dans un élevage, une chienne est sortie du lot, elle est venue directement près de mes poches. Tant que je n’avais pas vidé mes poches, Pagaille s’est accrochée à mon jean. Elle avait en plus un comportement calme et docile. Le choix s’est donc rapidement imposé."


Patricia et Pagaille, une équipe redoutable !

Patricia Estivalet et Pagaille
Patricia Estivalet et Pagaille © Patricia Estivalet
Pour former sa chienne, Patricia demande de l’aide à des confrères qui pratiquent déjà la détection canine, sans succès !
C’est un concurrent très proche, Emilio Sanchez, qui la contacte et lui propose son aide.
Elle se forme donc à ses côtés, avec l’aide de tutos sur internet et celle d’une éducatrice canine, Nathalie Mierzchala, qui travaille sur l’éducation positive.
Elle achète ensuite des tubes de punaises et inculque l’odeur à Pagaille, de la même manière que certains travaillent pour former des chiens truffiers : "il faut que depuis tout petits, les chiens associent l’odeur à quelque chose d’agréable."
Patricia choisit d’éduquer Pagaille avec de la nourriture. A chaque fois que la chienne réussit à retrouver le bon tube, Patricia fait un clic (avec un clicker) et donne une friandise à la chienne.
Les entrainements se succèdent avec des difficultés qui s'ajoutent au fur et à mesure pour la jeune Pagaille (tunnel à odeurs, concentration de moins en moins importante des punaises dans les tubes...). La jeune chienne s'adapte à chaque nouvelle situation.
Pagaille en intervention
Pagaille en intervention © Patricia Estivalet
Ces entraînements quotidiens ne durent jamais longtemps afin de ne pas lasser la chienne.
La durée de concentration est proportionnelle à l’âge du chien. Aujourd’hui Pagaille, du haut de ses 16 mois, est capable de faire une détection dans une maison entière sur une ½ journée. C’est un travail de concentration très fatigant pour la jeune beagle.
Après un traitement, lorsque les punaises sont mortes, Pagaille est également capable de faire la distinction entre une punaise morte (qu’elle ne marque pas) et une punaise vivante. 

L'équipe Patricia et Pagaille fait actuellement 4 à 5 détections par mois sur la région Bourgogne-Franche-Comté.
L'entreprise de Patricia fait partie d’une association de chien détecteur de punaises de lits : l'ACDPL (Association des Chiens Détecteurs des Punaises de Lit). Cette association a pour but de préserver une image positive de son métier et bien sûr de venir en aide aux “victimes” des punaises de lit avec sérieux et intégrité.












 
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