Polluant, trop subventionné, l'aéroport de Dole-Tavaux cible de la marche nationale d'Alternatiba et ANV-COP21

Samedi 3 octobre 2020, les deux associations appellent à une marche nationale pour dénoncer les subventions massives du secteur aérien, une ineptie pour le climat. En Bourgogne-Franche-Comté, les militants ont choisi l’aéroport régional du Jura près de Dole.
 
Alternatiba et Cop21 appellent à marcher sur les aéroports.
Alternatiba et Cop21 appellent à marcher sur les aéroports. © Alternatiba - Cop21
Alternatiba Besançon et Action Non-Violente COP21 Besançon, soutenus par Greenpeace Dijon et France Nature Environnement Bourgogne-Franche-Comté, lancent un appel à un rassemblement devant l’aéroport de Dole-Tavaux samedi 3 octobre à 10h.
 

Marion Fichet, militante Alternatiba en fera partie. “Pour nous, c’est une injustice fiscale que cet aéroport touche 35 millions d’euros de subventions depuis 10 ans” explique la jeune femme. Avec un million de passagers en 10 ans, le calcul a été vite fait par Alternatiba : le contribuable a financé au final 35 euros par passager. “Quand on sait que 2% de la population, représente 50% du trafic aérien en France, cela nous interroge” ajoute Marion Fichet. 20% des Français n’ont jamais pris l’avion et 80% des humains n’ont jamais pris l’avion. "Ce n’est pas à la population entière de financer les billets d’avion de quelques uns", estime Alternatiba qui dénonce un mode de transport inégalitaire et polluant.

"L’aéroport de Tavaux est emblématique des impasses dans lesquelles nous mènent le secteur aérien...il ne contribue pas de façon significative au développement économique local. L’argent public finance ici directement les compagnies low-cost, au détriment d’investissements durables” complète l’association.
 

Une marche vers les aéroports qui se veut colorée et familiale

Les associations qui appellent à cette marche vers une vingtaine d’aéroports en France souhaitent un rassemblement non violent. Les manifestants devraient co-voiturer, venir en train, en vélo, à pied pour certains, explique Marion Fichet.

 
 

Des subventions climaticides accordées au secteur aérien


“On attend de cette opération nationale, une prise de conscience du gouvernement qui a versé des subventions incroyables à de nombreuses compagnies. Comme Air France, 7 milliards d’euros de subventions, c’est le budget du ministère de l'Agriculture et de la culture” lance Marion Fichet qui dénonce le fait que, malgré ces subventions, la compagnie annonce des licenciements. “Nous souhaitons une prise de position du gouvernement pour encourager l’abandon du trafic aérien” complète la militante. “Nous demandons un plan de reconversion du secteur qui soit élaboré avec les salariés, nous sommes conscients que ce secteur représente de nombreux emplois”. 

Cette marche vers les aéroports français intervient alors que la crise du Covid-19 a cloué les avions au sol, provoquant un choc pour tout le secteur aéronautique et ses employé.es. “Le gouvernement français a accordé 15 milliards d’euros pour soutenir ce secteur, sans la moindre condition ambitieuse pour protéger le climat et l’emploi. Le transport aérien est à l’origine d’au moins 5 % du réchauffement climatique mondial et continue de croître chaque année” dénoncent Alternatiba et ANV-COP21. 

“La réduction du trafic aérien est la seule option pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris et permettre d’utiliser le budget carbone restant dans des secteurs vitaux pour la société : pour nous soigner, nous nourrir et nous loger”, estiment les initiateurs de cette marche.

Au mois de mai, Europe-écologie les Verts Bourgogne Franche-Comté avait déjà pointé le doigt vers l'aéroport jurassien estimant que la crise sanitaire du Coronavirus "oblige à repenser l’avenir". EELV demandait l'arrêt de toutes les subventions "à la gabegie financière, écologique et sociale de l’aéroport de Dole-Tavaux" trouvant plus opportun de réaffecter ces subventions à l’amélioration des lignes ferroviaires."


Twitter a-t-il supprimé à la veille de ce samedi d’action des comptes d’Alternatiba ? 


Ce jeudi 1er octobre, plusieurs comptes Twitter d’ANV-COP21 ont été suspendus, sans raison ni explication, indiquent dans la matinée les deux associations. De nombreux comptes de collectifs citoyens locaux du mouvement sont également inaccessibles. ANV COP21 et Alternatiba dénoncent un bâillonnement arbitraire de la part de la multinationale et ont demandé le rétablissement immédiat des comptes suspendus. Les comptes d’Alternatiba en Bourgogne-Franche-Comté ne font pas partie de la liste des comptes devenus inaccessibles sur le réseau mondial, comme c’est le cas pour ceux de Marseille, Nantes, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Orléans, Toulouse, Rhône ou encore à Mulhouse. "Ce bâillonnement arbitraire à quelques jours d’une importante mobilisation citoyenne est inacceptable ! " affirme Franzeska Bindé, porte-parole d’ANV-COP21. Ces comptes, quelques heures plus tard étaient à nouveau accessibles. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie aéronautique environnement covid-19 santé société