Du Jura aux Deux-Sèvres, la Confédération paysanne dénonce les projets de méga-bassines

Publié le
Écrit par Martin Fort avec Alice Brogat

Les méga-bassines sont des retenues d'eau qui provoquent le débat dans la communauté agricole. Des membres de la Confédération paysanne ont manifesté jeudi 17 février pour les dénoncer à l'occasion de la convocation à la gendarmerie de Salins-les-Bains de leur porte-parole national. Des rassemblements étaient également prévus à Niort (Deux-Sèvres) et à Rodez (Aveyron).

Une quinzaine de militants du syndicat agricole Confédération paysanne se sont rassemblés à Salins-les-Bains pour soutenir l'un des leurs, jeudi 17 février. En effet, Nicolas Girod, le porte-parole national du syndicat était auditionné par la gendarmerie de la ville pour une action menée en novembre 2021. 

A cette date-là, Nicolas Girod avait participé à une manifestation dans les Deux-Sèvres contre la création de seize méga-bassines sur le territoire environnant. Lors de ce regroupement, une méga-bassine déjà construite de la commune limitrophe de Cramchaban (Charente-Maritime) avait été dégradée par les militants. La pompe avait été déconnectée et les bâches recouvrant la cuvette retirées, selon France Bleu

Les méga-bassines sont des trous dans le sol de plusieurs mètres recouverts d'une couche de plastique dont le but est de retenir l'eau en hiver pour irriguer les champs des agriculteurs en été. Mais l'origine de l'eau pose question.

"La pompe est la preuve que les nappes phréatiques et les cours d'eau sont utilisés pour remplir les bassines"

Jeudi 17 février, Nicolas Girod s'est présenté à la gendarmerie avec la pompe de la méga-bassine de Cramchaban dans les mains. Le but est de démentir, selon le syndicat, les propos du ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, qui avait déclaré que les méga-bassines n'étaient alimentées que par "les pluies diluviennes qui surviennent en plein hiver". "La pompe est la preuve que les nappes phréatiques et les cours d'eau sont utilisés pour remplir les bassines", estime Patrick Abraham, secrétaire général de la Confédération paysanne dans le Jura. En conséquence, pour eux, cela risque d'assécher les parcelles environnantes.

Les défenseurs des méga-bassines, eux, estiment que l'eau pompée ne correspond qu'aux surplus des nappes phréatiques qui débordent normalement dans les cours d'eau avoisinants.

L'origine de l'eau n'est pas le seul reproche fait aux méga-bassines de la part des militants écologistes. Selon Patrick Abraham, ces projets sont aussi le symbole de "l'accaparement d'un bien commun, l'eau, pour la production privée de cultures céréalières qui posent question". Or, ils sont largement financés par des fonds publics. Enfin, "les méga-bassines ne répondent pas aux enjeux climatiques", affirme notre interlocuteur.

Des manifestations de la Confédération paysanne étaient également prévues devant les préfectures des Deux-Sèvres (Niort) et de l'Aveyron (Rodez).