CONFINEMENT. Annulation des réservations, lancement de la saison d'été reporté, le tourisme a le blues en Franche-Comté

Les mesures annoncées par Emmanuel Macron ont douché tout le monde. Les professionnels du tourisme avaient pourtant de quoi se réjouir entre les vacances de février qui ont bien marché et celles de Pâques qui s’annonçaient plutôt bien.

Des vacances de Pâques sans pouvoir se déplacer, le troisième confinement aura un impact sur la saison touristique.
Des vacances de Pâques sans pouvoir se déplacer, le troisième confinement aura un impact sur la saison touristique. © SIMON DAVAL - maxPPP

Le bilan des dernières vacances, celles de février, était satisfaisant avec un bon taux de remplissage dans les meublés, gîtes et autres chambres d’hôtes. Les professionnels avaient le sentiment « d’avoir limité la casse ! »

C’est le constat de Fabrice Creux, directeur du comité départemental du tourisme de Haute-Saône : « On a réussi à capter une clientèle dans un rayon de quelques centaines de kilomètres autour de chez nous, la Bourgogne - Franche-Comté, bien sûr, mais aussi l’Alsace ou encore le secteur de Lyon. C’est notre cible, et on constate une amplification, même cet hiver. Par exemple, La Planche des Belles filles a profité de la fermeture des remontées mécaniques et a joué sa carte ski de fond et raquettes à plein ! »

Même constat, pour Jean-Pascal Chopard, directeur du Comité départemental du Tourisme du Jura, département qui a beaucoup souffert de la fermeture des remontées mécaniques : « Février a très bien marché. Même si sur 2020, on a constaté une baisse de 20 % des nuitées par rapport à l’année d’avant, la saison 2021 semblait plutôt bien repartie…»

La saison démarrera plus tardivement

Oui, les réservations avaient commencé, tant bien que mal, mais les annulations se succèdent depuis mercredi 31 mars et les restrictions de déplacements annoncées par Emmanuel Macron.

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Déjà, cette fin de semaine pascale faisait l'objet de nombreuses réservations. Selon le comité Régional du Tourisme, pour ces 3 ou 4 jours, les hébergements avaient été réservés à hauteur de 25 à 30 %, un taux de remplissage tout à fait satisfaisant quand on connait le contexte sanitaire.

Avec Pâques, le coup d’envoi de la saison estivale est donné. Le mois d’avril permet de commencer doucement, avec une nette accélération de l’activité touristique en mai grâce aux nombreux ponts.

Sébastien Populaire est président des six offices de tourisme du Pays du Haut-Doubs et aime bien le week-end de Pâques : « C’est la bascule entre le tourisme blanc et le tourisme vert… » Comme si, en plus de déposer les œufs en chocolat, les cloches amenaient aussi le soleil et les beaux jours.

Mais changement de tempo pour cette année : « Nous allons assister à un décalage de ce départ » constate Fabrice Creux de Haute-Saône. Même déception pour le Jurassien Jean-Pascal Chopard : « On assiste à des annulations en série depuis jeudi matin. On va devoir attendre autour du 20-25 avril pour avoir de nouvelles réservations si les mesures sont levées réellement vers la mi-mai comme annoncées… » dit-il

Le comité Régional du Tourisme a compilé les réservations en hébergement (sur les plateformes de particuliers aux noms bien connus…). Les éventuels visiteurs avaient été frileux : seulement de 11 à 25 % du 5 au 11 avril, soit première semaine du confinement et encore moins pour la deuxième semaine, entre 7 et 15 %.

Ensuite, c’est attente et espoirs pour tout le monde, professionnels et éventuels visiteurs. En attendant, peut-être, la ruée vers l’or vert…

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Vers une saison estivale chargée ?

Sébastien Populaire, lui, regrette que les offices de tourisme, considérés non essentiels, soient contraints de fermer leurs portes durant quatre semaines… au moins : « Les personnes qui voudront se renseigner auront les sites internet et le téléphone. J’espère qu’on ouvrira à la mi-mai ! »  espère-t-il.

Fabrice Creux est confiant voire optimiste : « Durant l’été dernier, on s’en est pas trop mal sorti. Notre offre répond totalement à la demande, avec les habitudes qui changent. Les touristes veulent de l’espace, être rassurés en matière de sécurité sanitaire et du vert : nous, on a tout ! ».

Jean-Pascal Chopard s’inquiète même… de la sur-population ! « On est complètement en phase avec ce qu’attend la clientèle. L’été dernier, sur juillet et août, on a eu une hausse de 16 % des nuitées. Certains endroits ont été même sur-fréquentés notamment les 4 semaines d’août, avec des problèmes entre touristes et population locale et avec des impacts sur l’environnement… »

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