Réchauffement climatique : 2020, année record d’attaques de scolytes "tueurs d'arbres" en Haute-Saône et dans le Jura

Les forêts de Franche-Comté ont particulièrement souffert de la sécheresse en 2020. En particulier les épicéas : affaiblis, ils ne résistent pas à la voracité des scolytes, de minuscules coléoptères.

Les scolytes, de petits coléoptères, creusent des  galeries sous l'écorce, privant l'arbre de sève et entraînant sa mort.
Les scolytes, de petits coléoptères, creusent des galeries sous l'écorce, privant l'arbre de sève et entraînant sa mort. © Maxppp/Pierre Heckler

Son nom est aussi joli que son travail est « artistique » : sous l’écorce des arbres, il creuse de minuscules galeries qui forment autant de dessins abstraits.

Pourtant, le scolyte, c’est son nom, est un tueur d’arbres. Ce coléoptère est  xylophage : il se nourrit d'aubier, la partie tendre et vivante de l'arbre. Ses larves, elles, se nourrissent de la sève. Or, un seul adulte pond un millier d'oeufs : la prolifération est extrêmement rapide.

Selon le Département de la santé des forêts, qui dépend du ministère de l'agriculture, les arbres situés dans les Vosges saônoises et sur le premier plateau du Jura sont les plus atteints. En cet automne 2020, le volume de bois scolyté est estimé à près de 4 millions de m3, pour l'ensemble de la région Bourgogne-Franche-Comté.

 

Dès le printemps 2020, les dégâts étaient visibles en forêt, avec de nombreux épicéas morts sur pied.
Dès le printemps 2020, les dégâts étaient visibles en forêt, avec de nombreux épicéas morts sur pied. © Laurent Brocard

 

Le réchauffement climatique est bien perceptible : températures douces, favorables au développement des scolytes, peu de gels intenses, qui détruisent les larves. Il y a aussi les sécheresses qui  se succèdent, depuis près de 5 ans.

Autre conséquence du changement climatique : le premier trimestre 2020 a été marqué par une succession de tempêtes. Les arbres déracinés ou brisés sont des sites de reproduction favorables pour les scolytes.

Selon le département de la santé des forêts, qui parle de "phase épidémique", la situation ne devrait pas s'améliorer en 2021. 

 

Des pertes financières pour les communes forestières


Au printemps 2020, à Fresse, Alain Dague, le maire de la commune constatait que la forêt communale avait rapidement changé de visage : 

Ici, il y a trois ans, on avait un arbre tous les 10, 15 mètres. Là, on n'a plus rien !

Les finances des communes forestières vont s'en ressentir : moins de bois à vendre signifie renoncer à des projets.

Selon l'Office national des forêts, à terme, les épicéas, ravagés par les scolytes et le réchauffement climatique, pourraient disparaître des zones de moyenne montagne.

 

Revoyez le reportage tourné en avril 2020 sur les dégâts des scolytes dans le Nord Franche-Comté :

Attaques de scolytes en 2020

 

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