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La Prison du Coeur sera construite dans le Jura

Le ministre de la Justice a tranché. Saint-Julien-sur-Suran accueillera une prison expérimentale pour primo-délinquants

Par Florent BOUTET

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POLEMIQUE PROJET DE PRISON DU COEUR DANS LE JURA

Le projet des prisons du coeur a été lancé en 2010 par l'ancienne garde des sceaux, Michèle Alliot Marie pour rendre l'emprisonnement moins brutal pour les condamnés. Mais ces structures carcérales nouvelle génération ne font pas l'unanimité. Notamment dans le sud du Jura.

L’administration pénitentiaire hésitait entre le Jura et la région nantaise pour construire la prison du Cœur. C’est donc le site de St-Julien-sur-Suran qui a été choisi malgré l’opposition des villageois. Le garde des Sceaux, Michel Mercier a dévoilé sa décision dans la soirée de mardi.

Sur le papier la Prison du Cœur est un concept totalement nouveau. Une capacité de 120 détenus, des cellules sans barreaux, et des commerces de proximité dans l’enceinte de cette maison d’arrêt : tout est imaginé pour que l’ambiance de ce lieu n’ai rien à voir avec une prison classique. Objectif : lutter contre le « choc carcérale », et limiter les risques de récidive une fois que la peine est accomplie.

Les détenus seront des primo-délinquants, autrement dit des personnes de moins de 35 ans condamnés à des petites peines (entre 6 mois et 5 ans de prison ferme). Ils auront l’obligation d’exercer une activité rémunérée. Avec ce salaire ils devront payer un loyer, des factures (électricité, chauffage, …) et indemniser leurs victimes. Il s’agit de responsabiliser ces personnes en vue de préparer leur réinsertion. Seuls des détenus volontaires seront admis à la Prison du Cœur. Outre les 120 détenus, l’établissement devrait employer 80 personnes.

Là où le bas blesse, c’est que les habitants de Saint-Julien-sur-Suran s’opposent à la construction de cette prison. Des banderoles ont fleuri ces dernières semaines sur les balcons de cette commune de 400 habitants située à mi-chemin entre Lons-le-Saunier et Lyon. Les riverains rassemblés au sein du collectif « petite montagne et espaces de liberté » craignent en particulier les nuisances que pourraient provoquer des détenus libres d’aller et venir. Ils redoutent également que l’équilibre du village soit chamboulé, avec les commerces du bourg qui fermeraient pour aller s’installer dans la prison. Des arguments que les politiques qui défendent ce projet battent en brèche.

Les régles de fonctionnement de la Prison du Cœur prévoient qu’un détenu qui ne se comporterait pas convenablement serait renvoyé dans une maison d’arrêt classique.

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