"11 heures de cours au lieu de 26", il manque toujours des professeurs dans ce lycée de Jura

Il manque toujours des professeurs devant les classes de l’Académie de Besançon. À Lons-le-Saunier, au lycée Jean Michel, le faible nombre de stagiaires a rendu la rentrée scolaire difficile. Une classe de première STMG est passée de 26 heures de cours par semaine à seulement 11 heures en raison du manque d’enseignants dans les matières techniques.

Trois semaines après la rentrée scolaire, il manque toujours des professeurs dans plusieurs établissements de l’Académie de Besançon. La situation est particulièrement compliquée au Lycée Jean Michel de Lons-le-Saunier, où une classe de 1ère STMG (Sciences et Technologie du Management de la Gestion) a vu son emploi du temps passer de 26 heures par semaine à seulement 11 heures.

"Un certain nombre d’enseignants sont absents et n’ont pas été remplacés" explique Laure Flamand, professeure d’Histoire-Géographie dans ce même lycée et co-secrétaire du Syndicat National des Enseignants de Second degré (SNES-FSU) pour le Jura, "Une partie d’entre eux sont en congés maladie, les autres sont des professeurs stagiaires qui ne sont pas venus à la rentrée. Le rectorat n’a pas été en capacité de trouver des contractuels et n’a plus suffisamment de titulaires remplaçants pour les nommer sur le poste" regrette l’enseignante au micro de notre journaliste Fleur de Boer. 

Dans l’Académie de Besançon, contrairement à l’idéal souhaité, n’y avait pas un enseignant devant chaque classe lors de la rentrée scolaire : au 1er septembre, il manquait toujours 50 équivalents temps plein (ETP) malgré les 507 contractuels recrutés cet été. "Le problème vient surtout des stagiaires"  s’inquiète Laure Flamand, "Habituellement nous avons 200 voire 250 inscrits sur les listes de l’Académie en début d’année. Cette année, ils n’étaient que 150" poursuit la représentante syndicale. 

Manque de stagiaires

Au Lycée Jean Michel, quatre professeurs stagiaires (nouvellement diplômés)  figuraient sur les listes à la rentrée. Parmi eux, un seul s’est présenté devant sa classe : "Il y a plusieurs explications à cela" nous confie la représentante du SNES-FSU, "Certains stagiaires sont affectés loin de leur domicile avec une charge familiale qui rend leur situation personnelle compliquée. Donc, ils ne viennent pas. D’autres dénoncent les conditions de travail avec des effectifs chargés : souvent 30 à 35 élèves par classe. On ne leur donne pas toujours les moyens de mettre en œuvre ce que l’institution exige d’eux" constate la professeure d’Histoire-Géo.

"Au mois de juin, nous étions en capacité d'assurer l'ensemble des cours" nuance toutefois le directeur académique du Jura Fabien Ben, interrogé par Fleur de Boer, "L'établissement avait préparé ses emplois du temps avec les moyens nécessaires et une dotation suffisante pour assurer tous les cours. Mais nous avons dû faire avec les aléas de la rentrée.  Des congés parentaux, un accident de voiture pour une professeure, un stagiaire qui n'est pas venu" précise-t-il.

"On recrute sur Pôle emploi"

La situation s’est légèrement améliorée ces dernières semaines. Une remplaçante est arrivée, mais il manquerait toujours 4 à 5 heures de cours par semaine à cette fameuse classe de première STMG. Pour combler les trous, l’Éducation Nationale a dû proposer de nouveaux postes sur la plateforme Pôle emploi : "Nous continuons à prospecter, à essayer de recruter des enseignants avec le souci de ne pas galvauder les compétences" assure le directeur académique du Jura, "Cela fait plusieurs années que nous faisons appel à Pôle emploi. Ça n'est pas nouveau. Et il faut préciser que cela représente une quantité très faible des effectifs globaux du département. Nous sommes en train de modifier nos modalités de recrutement et Pôle emploi en fait partie" explique le DASEN. 

Pour les syndicats d'enseignants, c’est surtout la voie technologique qui souffre de cette pénurie d’enseignants : "Le secteur du management et de la gestion fait partie des disciplines sinistrées dans le département du Jura. Et la situation s’aggrave. On rencontre de vraies difficultés de recrutement dans les matières de l’éco-gestion et ça n’est pas nouveau" alerte Laure Flamand. Un constat que partage le directeur académique du Jura : "Ce sont des disciplines techniques, sensibles. On a forcément plus de mal à trouver du personnel à la hauteur des exigences dans ce domaine, raison pour laquelle le vivier est inférieur. Mais je rappelle qu'en juin, nous avions les bons effectifs y compris dans cette filière" . 

"Le retard ne sera pas rattrapé"

L'autre inquiétude concerne la situation des élèves directement concernés. Comment vont-ils rattraper le retard pris ? Quelle préparation avant le baccalauréat ? Certains étudiants ont maqué quasiment trois semaines de cours. Des heures, précieuses, qui ne seront jamais rattrapées selon leurs collègues : "Ça risque d’être compliqué pour les futurs enseignants qui devront amener les élèves au niveau attendu en fin d’année. Ils ne pourront pas rattraper les heures perdues" nous confirme Laure Flamand."On ne renonce pas à trouver des enseignants, la situation va se rétablir progressivement" assure de son côté la direction académique du Jura. 

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