Covid-19 : “Culture, quand te reverrai-je”, nouvelle occupation d’un théâtre à Lons-le-Saunier dans le Jura

Le monde de la culture refuse de rester fermé sous silence. Après Besançon (Doubs), où le Centre dramatique national est occupé, les intermittents et précaires ont envahi le théâtre de Lons-le-Saunier dans le Jura.

Une vingtaine de salariés, intermittents ou précaires du secteur de la culture occupent les lieux, avec l’accord des Scènes du Jura.


“Cette action s’inscrit dans le contexte de l’occupation des lieux culturels comme l’Odéon. Nous réclamons la réouverture des lieux culturels, la prolongation de l’année blanche, nous sommes également solidaires sur la réforme de l’assurance-chômage” explique Nicolas Moreau, l’un des membres de La Jurassienne d’occupation, le collectif né de cette occupation.

Les activités culturelles, la salle de concert ou de théâtre sont à l’arrêt, depuis le 28 octobre 2020, une situation qui renforce la précarité parmi les intermittents du spectacle. Aucune visibilité sur la réouverture des théâtres, cinémas, musées... le confinement de 21 millions de Français annoncé jeudi 18 mars par le gouvernenement pour une durée de quatre semaines, n'est pas de bonne augure.


 

"Si début juin, la culture reprend, certains intermittents n’auront pas fait toutes leurs heures"


À Lons-Le-Saunier, plusieurs profils occupent de jour le théâtre. Comme Chloé Lebert, salariée de la salle de concerts Le Boeuf sur le Toit, elle est aussi artiste auteur plasticienne. “C’est une occupation à notre échelle, l’idée, ce n’est pas d’occuper le théâtre pour ne rien faire, mais pour préparer des actions, rencontrer les gens, mener des actions itinérantes qui correspondent à notre département rural” explique Chloé Lebert. 

Dans le collectif, on trouve aussi des intermittents, des salariés, un régisseur, un graveur...La Jurassienne d’occupation a déjà fait signer samedi 20 mars des cartes postales envoyées à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, diagnostiquée positive au covid-19 ces dernières heures. Le collectif sera présent vendredi 25 mars sur le marché de Lons-Le-Saunier, avec toujours un envoi de cartes postales et quelques interventions artistiques. Une agora pour que le monde de la culture et les spectacteurs s'exprime est à l'étude.

Chloé Lebert comme d’autres attend une réouverture des lieux de culture. “Si début juin, les salles peuvent rouvrir, certains intermittents n'auront pas tous faire leurs heures. Il faut reconduire l’année blanche pour eux, la reprise sera progressive, elle va continuer à mettre en difficulté des gens” ajoute Chloé Lebert. 


La Jurassienne d’Occupation se rallie au collectif intermittents et précaires de Franche-Comté, car la culture n’est pas la seule à souffrir.

Le mouvement d'occupation des salles de spectacles a débuté le 4 mars par le théâtre de l'Odéon à Paris, et s'est depuis répandu dans toute la France. En Franche-Comté, un collectif d’intermittents et précaires occupent depuis le 11 mars le CDN à Besançon.



Un Conseil National des Professions du Spectacle devait se tenir ce lundi 22 mars. Roselyne Bachelot ayant contracté le Covid, la réunion est annulée. La CGT spectacle appelle à encore amplifier le mouvement d’occupation.

 

La carte des lieux de culture occupés en France

 

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