Le procès des anti-bassines ajourné à Niort, "on a voulu aller trop vite pour faire condamner des militants" selon Nicolas Girod

Le procès des organisateurs des manifestations contre les mégabassines à sainte-Soline (Deux-Sèvres) se terminera fin novembre. L'audience a été ajournée pour la sérénité des débats. Pour le Jurassien Nicolas Girod, poursuivi avec 8 autres militants, la Justice a voulu aller trop vite.

Le procès des organisateurs des manifestations contre les "bassines" à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) se terminera le 28 novembre prochain. Après environ huit heures de débats dans une salle d'audience surchauffée et transformée en tribune politique, le président du tribunal correctionnel de Niort, Éric Durrafour, a finalement décidé de reporter la fin de l'audience. Le procureur de la République, Julien Wattebled, a donné son aval pour "la sérénité des débats".

"On se doutait bien que le procès aurait du mal à se tenir dans la journée et que ça allait terminer au beau milieu de la nuit, parce que neuf prévenus, parce que de gros dossiers, confie ce dimanche 10 septembre 2023 Nicolas Girod, ancien porte-parole national de la Confédération Paysanne à France 3 Franche-Comté. Mais de là à ce qu'il soit ajourné, on ne s'en doutait pas."

L'agriculteur jurassien fait partie des neuf militants opposés aux mégabassines jugés depuis vendredi à Niort. Il est poursuivi pour avoir incité à participer à la manifestation du 25 mars à Sainte-Soline alors qu'elle était interdite. Comme les autres, il encourt six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende.

"Amateurisme du Parquet"

À la sortie du tribunal, Julien Le Guet, porte-parole du collectif "Bassines non merci" (BNM), opposant historique à ces réserves d'eau pour l'irrigation agricole, a dénoncé l'"amateurisme" de la justice et un comportement "tellement irrespectueux pour les témoins" qui n'ont pas pu être entendus.

"Le Procureur a pris ça à la légère et n'a pas transmis à la défense les faits qui nous sont concrètement reprochés, renchérit Nicolas Girod, interrogé par France 3 Franche-Comté. Il a voulu aller trop vite comme le ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti l'a demandé dans des circulaires, pour condamner tous les militants qui se battent contre le dérèglement climatique."

La Justice a besoin de temps. Cela va nous permettre de préparer notre défense mais ce qui nous dérange, c'est que ce temps il va aussi être mis à profit par les promoteurs, les décideurs de ces projets de mégabassines qui continuent d'avancer."

Nicolas Girod, ancien porte-parole national de la Confédération paysanne.

16 projets de "bassines"

16 "bassines" sont programmées, dont celle de Sainte-Soline, la plus grande. Ces retenues creusées dans la terre visent à stocker de l'eau puisée dans les nappes en hiver, afin d'irriguer les cultures en été quand les précipitations se raréfient.

Leurs partisans en font une assurance-récolte indispensable à la survie des agriculteurs irriguant (minoritaires au sein de la profession) face aux sécheresses à répétition. Les opposants dénoncent un "accaparement" de l'eau par "l'agro-industrie" et réclament un moratoire.

Ces mégabassines sont bien un outil pensé par et pour l'agro-industrie qui met en difficulté l'ensemble du monde paysan. 

Nicolas Girod, ancien porte-parole national de la Confédération paysanne.

Après de premières violences en octobre à Sainte-Soline, la manifestation de mars avait dégénéré rapidement en affrontements avec les gendarmes, faisant de nombreux blessés. Deux manifestants ont passé plusieurs semaines dans le coma.

À la barre, Nicolas Girod, a tenu à "témoigner de la peur" ressentie le 25 mars, "la faute à une gestion de la manifestation par les forces du désordre".

Une cinquantaine de Francs-Comtois et de Bourguignons étaient venus le soutenir avant le procès. Une manifestation de soutien a rassemblé 2.000 personnes sur place.

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