Un Franc-Comtois à la tête de la gendarmerie nationale

Général d'armée Denis FAVIER - directeur général de la gendarmerie nationale / © ©Arnaud Beinat/MAXPPP
Général d'armée Denis FAVIER - directeur général de la gendarmerie nationale / © ©Arnaud Beinat/MAXPPP

Le général de Corps d'Armée Denis Favier vient d'être nommé en conseil des ministres, directeur général de la Gendarmerie nationale. Ce Jurassien, né à Lons-le-Saunier était jusqu'à présent conseiller du ministre de l'intérieur.

Par Isabelle Brunnarius

Cet officier général a commandé à deux reprises le GIGN, en particulier lors de l'assaut sur l'avion détourné à Marseille. La nomination du général Favier, réputé pour sa connaissance des problèmes de terrain et son attachement à une gestion humaine, devrait rassurer les gendarmes qui vivent actuellement de profondes mutations. Des restructurations des Etats-majors sont prévues cet été. Cela ne touche pas le travail des gendarmes en lui même mais plutôt son organisation.
Nommé à la tête des 96.000 gendarmes français, le général Denis Favier, 53 ans, a donc commandé à deux reprises le GIGN, la première fois lors de l'assaut pour libérer les otages de l'Airbus à Marignane en 1994 et la seconde fois après avoir réorganisé
cette unité d'élite. Il avait été nommé le 21 mai conseiller gendarmerie au cabinet du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

Né le 18 mai 1959 à Lons-le-Saunier, grand et mince, passionné de montagne, la voix douce qui sait se faire persuasive, Denis Favier est un brillant saint-cyrien sorti dans la "botte" à la 4e place de sa promotion.
Après Saint-Cyr, il choisit la gendarmerie mobile pendant quatre ans avant de revenir à Saint-Cyr pour deux ans comme instructeur et de retrouver ensuite la gendarmerie comme commandant de la compagnie de Saint-Gaudens.
En juin 1992, le capitaine Favier prend le commandement du GIGN, unité prestigieuse créée en 1974 par Christian Prouteau. Mais son arrivée à Satory passe mal parmi les sous-officiers de l'unité qui dénoncent dans une lettre interne le fait que leur nouveau chef ne soit pas passé, comme ses prédécesseurs, par le poste d'adjoint.
Il trouve son bureau pratiquement vide à l'exception d'un bureau d'écolier et d'une chaise. Pendant plusieurs mois, les sous-officiers lui battent froid. Ce sportif de haut niveau est alors formé "à la dure" par des sous-officiers qui ne lui feront aucun cadeau mais deviendront ensuite ses meilleurs soutiens.

Deux ans plus tard, le commandant Favier mène l'assaut du GIGN, le 26 décembre 1994 sur l'aéroport de Marignane, pour délivrer les 173 passagers et membres d'équipage de l'Airbus d'Air France pris en otages par un commando islamiste.
Juché sur l'une des trois passerelles, au milieu de ses hommes, il pénètre par la porte avant droite de l'appareil pour diriger l'assaut de ce qui reste la plus importante libération d'otages jamais réalisée à bord d'un avion.
Il quitte en 1997 le GIGN pour le Collège interarmées de défense (Ecole de guerre) avant un poste de chargé de mission au service des ressources humaines de la direction de la gendarmerie à Paris (DGGN).

Commandant du groupement de Haute-Savoie (2000-2003), il retourne ensuite à la DGGN pour diriger le bureau du personnel officier (2003-2007) où se décident les carrières. Il participe alors activement à la réflexion sur la réorganisation des unités d'élite - Groupe d'intervention (GIGN), Escadron parachutiste (EPIGN) et détachement de gendarmerie au Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) - fondues en 2007 en une seule force qui garde le nom de GIGN.
Là encore, le rôle de Denis Favier sera déterminant pour faire accepter cette réforme aux membres des trois unités rassemblées en une seule force. Une unité de 400 hommes et femmes, unique en Europe, capable de neutraliser un forcené en douceur, de négocier une prise d'otages de ressortissants français à l'étranger, de stopper un go-fast de cannabis sur une route ou de faire face à une prise d'otages de masse.

En août 2007, il prend le commandement du nouveau GIGN avec les deux étoiles de général de brigade. En avril 2008, il est "tarponné" (parachuté en pleine mer) dans le cadre de l'opération "Thalatine" de libération des otages du Ponant dans le golfe d'Aden. Il devient général de division (trois étoiles) en décembre 2010.

Promu général de corps d'armée (quatre étoiles) en avril 2011, il dirige la région de gendarmerie d'Ile-de-France pendant un an avant de rejoindre le cabinet de M. Valls.


Pour aller plus loin

Le portrait de Denis Favier : "un homme aux qualités exceptionnelles" sur le blog Secret Défense de Jean-Dominique Merchet
Une nomination plutôt bien perçue sur le forum "gendarmes en colère".

Sur le même sujet

Les + Lus