Lons-le-Saunier : La société SKF envisage de supprimer 123 postes de travail

L'équipementier industriel suédois SKF vient d'annoncer la suppression de 123 postes de travail sur les 347 du site de Lons-le-Saunier. Le site jurassien du groupe industriel suédois SKF subit la chute de l'activité mondiale de l'aéronautique depuis les mesures sanitaires liées au coronavirus.

La société SKF à Lons-le-Saunier
La société SKF à Lons-le-Saunier
C'est au cours d'un comité social et économique, l'instance représentative du personnel de l'entreprise, que les salariés ont appris les nouvelles prévisions de la direction de SKF. Sur les 347 postes de l'usine spécialisée dans les pièces pour l'aéronautique, il devrait y avoir 123 suppressions d'emplois et 13 créations de postes. D'après la CGT, ces suppressions et créations de postes concernent les deux sites de SKF aérospace à Perrigny près de Lons et dans la Drôme près de Valence.

La direction ne souhaite pas préciser le type de postes créés et ceux supprimés, réservant ses informations pour les partenaires sociaux lors de la procédure d'information-consultation. La première réunion est prévue le 22 septembre. La fin de la négociation devrait donc être fixée au 22 décembre. 

Cette décision est la principale conséquence du "plan de relance stratégique SKF Aerospace 2023, qui a pour objectif de préparer l'avenir et de renouer avec une croissance durable", selon les élements recueillis par téléphone auprès d'un représentant de la direction. La CGT s'attendait à de mauvaises nouvelles car "depuis le crise de la Covid, on a noté une baisse d'activité de 40% du chiffres d'affaires" remarque Pascal Loureiro.

L'équipementier industriel suédois SKF, un des leaders mondiaux dans le domaine du roulement mécanique, subit la crise de l'aéronautique. Les principaux clients du site de Lons-le-Saunier sont Airbus, Safran, Dassault, les équipmentiers de l'aéronautique. Ce site produit des pièces aéronautiques dont 40% sont destinées à l'exportation. Des donneurs d'ordre dont la santé économique a été complétement bouleversée depuis l'arrêt de la circulation des vols dans le monde entier avec l'apparition du Coronavirus. 
  
Selon SKF, "la situation sanitaire et l'état actuel et à venir de l'aéronautique ne sont pas étrangers à cette réorganisation". Lundi 14 septembre, le directeur exécutif de d'Airbus, confirmait les difficultés de son groupe dans une lettre aux salariés dévoilée par nos confrères de La Tribune. 

Il est "peu probable que les départs volontaires suffiront" pour atteindre 15.000 suppressions de postes, dont 5.000 en France, afin d'adapter Airbus à la crise du secteur aéronautique. La reprise du trafic aérien pendant l'été n'a pas été à la hauteur des attentes du secteur aéronautique. Nous devons donc nous préparer à une crise probablement plus profonde et plus longue que ne le laissaient supposer les précédents scénarios" admet le directeur exécutif d'Airbus Guillaume Faury.

Fatalement, ces prévisions de baisse d'activités ont un impact immédiat sur les sous-traitants comme SKF. Ce "plan de relance stratégique" doit s'adapter au volume d'activités prévues pour 2021 et 2022. Pour Pascal Loureiro, délégué syndical du site, il va s'agir de tout faire pour minimiser ces suppressions de postes.

"Le bassin d'emploi est tendu, on galère déjà pour trouver du personnel formé. Ces licenciements risque d'entraver la perennité du site en raison des savoir-faire des salariés".

Si ils sont licenciés, non seulement des familles vont subir le chomâge mais l'entreprise va perdre un personnel compétent. 

Peu avant le confinement, nos confères de presse écrite dans le Jura avaient interviewé le nouveau directeur du site jurassien, Brice Comment. Il était question d'investissements et de modernisation de l'usine qui avait déjà été agrandie en 2017. "Deux projets majeurs sont engagés pour transformer le site, était-il annoncé en février 2020. SKF a signé un contrat de 10 ans avec Airbus sur l’activité composites ce qui a ainsi permis l’investissement dans une ligne automatisée, avec l’arrivée de six robots sur le site dès mi 2020". D'après le représentant de la CGT sur le site, ce projet serait maintenu car il est indispensable pour la construction des avions d'airbus.

En France, le groupe international SKF emploie plus de 3.000 personnes sur plusieurs sites, dont 347 à Lons-le-Saunier.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie