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Le Louvre rend hommage toute la journée à François Mitterrand

Une journée de commémoration est organisée au Louvre à Paris, avec la participation de François Hollande, en hommage à l’ancien président de la république, François Mitterrand, né il y a 100 ans.

Par Muriel Bessard

Parlementaire pendant 35 ans, onze fois ministre sous la IVe République, président de la Vème durant 14 ans : François Mitterrand, à qui François Hollande rend hommage mercredi, pour le centième anniversaire de sa naissance, a eu un parcours politique exceptionnel. Sa vie personnelle fut aussi hors du commun, et son talent littéraire indéniable, comme l'illustre avec éclat sa correspondance - publiée ce mois-ci - avec Anne Pingeot, compagne clandestine durant 33 ans et mère de sa fille Mazarine.
Né le 16 octobre 1916 à Jarnac (Charente), François Mitterrand a une longue histoire également avec la Bourgogne : il a été député puis sénateur de la Nièvre entre 1946 et 1981.
Pour célébrer le centenaire de sa naissance, le Louvre accueille une série de manifestations : le lancement du site internet réalisé par l’Institut François Mitterrand et l’Institut National de l’Audiovisuel, des tables rondes dédiées à l’écrivain, l’homme politique, l’homme de culture… La journée sera clôturée par une intervention de François Hollande, Président de la République.

"Le président du changement"


Symbole du renouveau du socialisme français et de l'union de la gauche, il est élu président, contre Valéry Giscard d'Estaing, le 10 mai 1981. Les Français découvrent alors la "force tranquille" de cet homme qui avait échoué en 1965 contre le général de Gaulle et en 1974 contre VGE.
D'abord président du "changement" avec les réformes économiques et sociales (nationalisations, retraite à 60 ans, 5ème semaine de congés payés) ou de société (décentralisation, abolition de la peine de mort), il sera ensuite celui de la rigueur, avant d'être le premier à gérer une cohabitation, en 1986. Il en sort vainqueur face à son Premier ministre Jacques Chirac à la présidentielle de mai 1988.
Sur la scène internationale, il se veut d'abord l'avocat du Tiers monde. Mais c'est l'image du "militant acharné de l'Europe" qu'il s'attache le plus à façonner en oeuvrant à la construction européenne.

François Mitterrand fut d'abord un jeune ambitieux


Issu de la moyenne bourgeoisie charentaise, catholique et de droite, il naît à Jarnac le 26 octobre 1916. Il monte à Paris en 1934 "faire son droit". Un moment attiré par la pensée de la droite nationale, François Mitterrand, plus individualiste que militant, adhère pendant quelques mois aux Croix de Feu du colonel François de La Rocque.
Prisonnier des Allemands en juin 1940, il réussit à s'évader à la troisième tentative, en décembre 1941. A Vichy, en 1942, il travaille au Commissariat aux Prisonniers. Plusieurs de ses écrits de l'époque expriment une adhésion aux thèses de la "révolution nationale" du maréchal Pétain, mais à aucun moment il n'épousera l'idéologie antisémite, de même qu'il restera constamment anti-allemand.
Menant de front une activité à Vichy et un travail clandestin pour la Résistance, il rejoint la clandestinité en 1943 pour animer, sous le nom de "capitaine Morland", le réseau des prisonniers de guerre et déportés.
À la Libération, en 1944, il épouse Danielle Gouze dont il aura deux fils, Jean-Christophe et Gilbert. En 1946, il devient député de la Nièvre. Un an plus tard, il est le plus jeune ministre de la IVe République naissante. Jusqu'en 1957, il occupe des portefeuilles importants (comme l'Intérieur ou la Justice) dans plusieurs gouvernements.
Il est donné à plusieurs reprises comme un "politicien fini" après l'affaire de l'Observatoire en 1959 - il aurait lui-même commandité un attentat afin de regagner les faveurs de l'opinion -, le "faux pas" de mai 1968 - sa déclaration de candidature à une présidentielle anticipée est mal perçue - et l'échec à la présidentielle de 1974.

Sa ténacité et son habileté l'ont porté au pouvoir


À chaque fois, il réussit pourtant à revenir au premier plan, grâce à sa ténacité et son habileté. Sa manière d'alterner thèse et antithèse dans le propos, ou le comportement, lui valent d'être qualifié de "florentin", terme qu'il récuse en mettant en avant sa volonté de ne jamais se laisser enfermer dans un raisonnement.
En 1965, il met le Général de Gaulle en ballottage et, en 1971, fonde le nouveau Parti socialiste. S'appuyant sur l'union avec les communistes, il ramène, en 1981, la gauche au pouvoir pour la première fois depuis le Front populaire. Au prix de remises en question, il installera une gauche gestionnaire dans la durée.
L'ancien adversaire acharné de la Constitution de 1958 et de son inspirateur, Charles de Gaulle, se glissera aisément, durant ses deux mandats, dans les habits et le protocole solennels du "monarque républicain".
Le 17 mai 1995, épuisé par son cancer de la prostate - diagnostiqué en 1981 mais tenu secret pendant de longues années - il laisse la place à Jacques Chirac. Il meurt sept mois plus tard.
En 1994 avait été révélée publiquement l'existence de Mazarine.

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