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Marie-Guite Dufay : “pour Alstom, je me place dans une logique industrielle et non financière”

Marie-Guite Dufay devant l'usine Alstom de Belfort
Marie-Guite Dufay devant l'usine Alstom de Belfort

La présidente du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté a passé deux heures ce matin sur le site d'Alstom Belfort. Marie-Guite Dufay a rencontré la direction du site et les représentants des salariés. 

Par Isabelle Brunnarius

Le Creusot, Ornans et Belfort : La Bourgogne Franche-Comté est particulièrement concernée par les activités du groupe Alstom. En venant écouter la direction du site Belfortain et ses représentants syndicaux, Marie-Guite Dufay voulait avant tout "comprendre" cette situation particulièrement complexe.

"Alstom, c'est le combat d'un territoire" martelle devant les caméras Marie-Guite Dufay. Pour cette rencontre, l'élue était accompagnée de Christine Bouquin, présidente UMP du conseil départementale du Doubs; Martial Bourquin, sénateur maire PS d'Audincourt, Frédéric Barbier, député du Doubs PS; Jérôme Durain, président du groupe PS à la region et sénateur de Saône et Loire; Denis Sommer, conseiller régional PS maire de Grand Charmont, Maude Clavequin, conseillère régionale, élue du Territoire-de-Belfort, Jean Claude Lagrange, vice-président du conseil Régional en charge du développement économique, de l’emploi et de la sécurité professionnelle et Michel Neugnot, conseiller régional PS chargée des transports.
Les élus à la rencontre des salariés d'Alstom photographiés par le député Frédéric Barbier / © Magali Duvernois
Les élus à la rencontre des salariés d'Alstom photographiés par le député Frédéric Barbier / © Magali Duvernois

Que retenir de cette rencontre ?


D'après la présidente Dufay, les "solutions sont à inventer". A noter que jusqu'en 2018, le site de Belfort a des commandes. C'est donc un travail de moyen terme à mettre en place.

=>Relancer la politique du frêt

Le site de Belfort fabrique des locomotives. En france, ce matériel est utilisé pour les trains de marchandises. Pour les voyageurs, le marché s'est orienté vers des motrices ( le moteur est intégré à la voiture de tête du train). Mais le marché du frêt est en déclin depuis de nombreuses années. 
D'après Philippe Duong, expert interrogé en 2015 par nos confrères de La Croix , la France est "le seul pays d’Europe occidentale où le frêt se soit ainsi effondré en une quinzaine d’années. Entre 2000 et 2013, le trafic a chuté de plus de 42 % en tonnes/kilomètres. Aujourd’hui, près de 90 % de transport de marchandises en France passe par la route." 
Marie-Guite Dufay mise sur les conclusions de la COP 21 pour tenter de relancer le frêt. Mais, malgré l'engagement d'entreprises pour diminuer les gaz à effets de serre et lutter contre le réchauffement climatique, l'Etat ne montrerait pas forcément le bon exemple en ne soutenant pas la SNCF dans cette démarche. Selon nos confrères des Echos, Fret SNCF continue d'être déficitaire et devrait encore supprimer 500 postes cette année. 


=>Faire de la locomotive, un produit d'excellence pour les marchés à l'export

D'aprés les représentants du personnel rencontrés par les élus, la direction d'Alstom pourrait "mieux vendre ses locomotives" à l'étranger. Alstom a signé des contrats avec l'Inde ou l'Azerbaïdjan avec à chaque fois une partie de la production réalisée sur place. D'après les salariés, "Alstom va plus loin que ce que les clients demandent". Autrement dit, la production sur le site belfortain pourrait être plus importante. 

=>Miser sur l'"écosystème" du Nord Franche-Comté pour développer le train du futur.


Le jour même où Alstom annonçait son intention de transférer 400 emplois de Belfort à Reichshoffen, le groupe présentait avec la SNCF le projet du TGV du futur. Des experts des deux entrerprises vont travailler ensemble à Paris pour concevoir cette 5e génération de TGV.  Pour la présidente de région, le les chercheurs de FEMTO ST et de l'UTBM ont une carte à jouer pour ce projet. Un point de vue partagé par Christine Bouquin, présidente du Conseil départemental du Doubs. Pour elle, "il faut aller au delà des clivages politiques" et "garder un savoir-faire" en Bourgogne Franche-Comté. Une "terre d'innovation" soulignée également par Martial Bourquin, sénateur-maire PS d'Audincourt

Toujours selonMarie-Guite Dufay, il faudrait profiter de ce projet pour faire travailler les sites d'Alstom qui ont un carnet de commandes à la baisse. "Comment un tel projet ne pourrait pas prendre en compte le berceau de la première motrice de TGV ? J'ai une logique industrielle et non financière". 


=>"Sécuriser des parcours professionnels" pour les salariés

Le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté a mis en place avec l'Etat et les partenaires sociaux un dispositif d'"expérimentation en faveur des salariés et des entreprises impactées par la crise économique. L'objectif est d'"apporter des réponses adaptées aux entreprises et aux salariés qui traversaient une baisse d’activité afin d’en limiter l’impact économique et social notamment par la mise en place des actions de formation en lieu et place du chômage partiel." Un système mis en place sur des périodes de plusieurs mois. Pour Alstom, il s'agit de raisonner en année, la baisse d'activité étant annoncée pour 2018. 

Marie-Guite Dufay doit rencontrer cet après-midi avec une délégation d'élus francs-comtois le secrétaire d'Etat aux transports Christophe Sirugue et demain le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge.

Marie-Guite Dufay : "Alstom, c'est le combat d'un territoire"
Interview de la présidente de Région Bourgogne Franche-Comté

 

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