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Menace sur l'élevage : un foyer de fièvre catarrhale ovine a été découvert

Un foyer de fièvre catarrhale ovine, qui attaque les ruminants (ovins, bovins, caprins), vient d'être identifié dans l'Allier. Une zone de protection a été mise en place : elle englobe la totalité de la Nièvre et une grande partie de la Saône-et-Loire. C'est une mauvaise nouvelle pour les éleveurs.
Une vache laitière atteinte de la fièvre catarrhale ovine (FCO), le 27 septembre 2007, dans une exploitation agricole d'Ottwiller.
Une vache laitière atteinte de la fièvre catarrhale ovine (FCO), le 27 septembre 2007, dans une exploitation agricole d'Ottwiller. © AFP PHOTO FREDERICK FLORIN


Quels risques fait peser cette maladie ?

La fièvre catarrhale ovine est véhiculée par un moucheron piqueur. Cette maladie est sans danger pour les humains, mais elle impose des mesures de confinement des troupeaux.

Comme le veut la réglementation européenne, toute la zone (21 départements au total) doit appliquer une restriction des mouvements d'animaux et une interdiction de regroupement. Cela va entraver la commercialisation des animaux. C’est une mauvaise nouvelle de plus pour les agriculteurs. En effet, confrontés à la chute des prix, les éleveurs bovins comptaient se relancer grâce aux exportations.

Quelles mesures sont prises dans l'immédiat ?

Le ministère de l'Agriculture a précisé que l'animal malade avait été détecté dans un élevage bovin et ovin de l'Allier, grande région d'élevage qui jouxte la Bourgogne. "Les analyses conduites sur 147 bovins ont montré 27 cas positifs et sur 175 ovins, 6 cas positifs", a précisé le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, vendredi 11 septembre 2015.

L'élevage concerné a été aussitôt placé "sous surveillance renforcée et les mouvements d'animaux bloqués au sein de l'exploitation". De plus l'élevage concerné est isolé par une "zone de protection et de surveillance de 150 km de diamètre".

Cliquez ici pour consulter l'arrêté du 11 septembre 2015 définissant les zones réglementées relatives à la fièvre catarrhale du mouton

1,3 million de doses de vaccin

Le Conseil national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale doit se réunir lundi 14 septembre pour envisager des mesures supplémentaires, telles les campagnes de vaccination. La FCO doit être notifiée à l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) en raison de sa dangerosité pour le troupeau.

"Dès la semaine prochaine nous aurons 1,3 million de doses de vaccin à notre disposition", a annoncé Stéphane Le Foll. "J'envisage de vacciner massivement, mais le périmètre dépendra des informations qu'on aura", a-t-il ajouté. "Il faut être dans l'action rapidement et dans la transparence sinon on laisse le temps à la maladie de se disséminer". Selon la DGAL, qui a fait procéder aux tests, le stéréotype 8 identifié "n'est pas le plus virulent". L'origine du foyer est encore incertaine, mais la DGAL envisage la possibilité d'une circulation via la faune sauvage.

Faudra-t-il procéder à des abattages massifs ?

Le ministre de l’Agriculture a aussi prévu de rencontrer les responsables nationaux des filières d'élevage jeudi 17 septembre pour évoquer un soutien financier aux éleveurs touchés.
Mais, d'ores et déjà, la direction générale de l'alimentation (DGAL) affirme que la maladie n'impose "pas d'abattage massif, car la plupart des animaux guérissent, même si certains peuvent mourir".

La fièvre catarrhale ovine se traduit par de fortes fièvres, un gonflement de la tête de l'animal et le bleuissement de sa langue, d'où son nom de "maladie de la langue bleue".

La France avait été déclarée indemne de la FCO en décembre 2012. Le dernier foyer identifié remontait à juin 2010.
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