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Menaces “AZF” contre le réseau ferré en 2003-2004 : une nouvelle interpellation dans l'Yonne

Suite à la découverte d'un engin explosif sur la ligne SNCF entre Paris et Toulouse en 2004, une vaste inspection des voies ferrées avait été décidée. / © OLIVIER HOSLET/EPA/MaxPPP
Suite à la découverte d'un engin explosif sur la ligne SNCF entre Paris et Toulouse en 2004, une vaste inspection des voies ferrées avait été décidée. / © OLIVIER HOSLET/EPA/MaxPPP

Deux hommes ont été interpellés dans l'Yonne et en Haute-Savoie mardi 12 mars. Ils sont soupçonnés d'être impliqués dans l'affaire de menaces proférées contre le réseau ferroviaire français entre 2003 et 2004.

Par M. F. avec AFP

L'affaire avait fait les gros titres de la presse en 2003 et 2004. Le groupe "AZF" s'était fait connaître lorsqu'il avait affirmé avoir posé une "série de bombes" sur des voies ferrées et menacé de les faire exploser, s'il n'obtenait pas une forte rançon, de 4 millions de dollars et 1 million d'euros.

Sur les indications du groupe, les autorités avaient retrouvé en février 2004, à Folles (Haute-Vienne), un engin explosif sophistiqué placé sous le ballast de la ligne Paris-Toulouse. Une inspection de 32 500 km de voies ferrées françaises avait ensuite été réalisée par quelque 10 000 cheminots, sans détecter la moindre anomalie.

Quinze ans après les faits, deux nouvelles personnes ont été interpellés cette semaine dans l'Yonne et en Haute-Savoie. Il s'agit de deux hommes septuagénaires. Ils ont été arrêtés mardi 12 mars 2019 par les policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat), selon une source proche de l'enquête confirmant une information de RTL.

Les deux hommes, nés en 1944 et 1941, sont soupçonnés d'avoir participé à la fabrication des engins explosifs retrouvés le long de voies de chemin de fer.
 

Deux mises en examen

L'affaire avait connu une avancée inattendue en juin 2018 avec trois arrestations menées par la Sdat de la police judiciaire, dans l'Yonne, le Loiret et la Seine-et-Marne.

Dans ce dossier, un chef d'entreprise né en 1947 et une femme née en 1962 ont été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroristes", ainsi que pour "infraction à la législation sur les explosifs" et "menace de destruction par un moyen dangereux" à chaque fois en relation avec une entreprise terroriste. Tous les deux avaient reconnu les faits.

Les deux mis en examen travaillaient dans la même entreprise, la société BioFontaine installée à Champcevrais dans l'Yonne, comme l'expliquait France Bleu en juin dernier.

Les deux hommes arrêtés ce mardi 12 mars sont considérés comme des "relations" du chef d'entreprise, a précisé la source. 
 

"Mon gros loup" et "Suzy"

L'affaire avait également été marquée par une rocambolesque correspondance, via la rubrique "Messages personnels" du quotidien Libération, entre "Mon gros loup" (AZF) et "Suzy" (police) afin d'organiser la remise d'une rançon.

Le 1er mars 2004, une femme avait indiqué par téléphone un emplacement aux environs de l'aéroport de Montargis (Loiret) où celle-ci devait être larguée par hélicoptère mais la transaction avait échoué.

Après cet échec et la découverte d'une autre bombe sur la ligne Paris-Troyes-Bâle qui, selon le ministère de l'Intérieur, ne correspondait pas aux engins du groupe AZF, celui-ci avait annoncé le 25 mars 2004 la suspension de ses actions.

Les deux hommes ont été remis en liberté.
 

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