"Moins de 9 euros par jour pour vivre" : la pauvreté s'aggrave selon le Secours Catholique

Le niveau de vie des ménages les plus démunis est en baisse en 2020, pour atteindre 537€, un chiffre en dessous du seuil d’extrême pauvreté. La crise sanitaire, liée au Covid-19, aggrave aussi la situation. Explications des représentants du Secours Catholique en Franche-Comté.
 

En cette fin 2020, en France, 8 millions de personnes ont dû recourir à des associations de distributions gratuites de repas
En cette fin 2020, en France, 8 millions de personnes ont dû recourir à des associations de distributions gratuites de repas © MAXPPP/Lionel Le Saux
La pauvreté s’aggrave en Franche-Comté, comme partout dans notre pays. Dans son rapport annuel sur l'état de la pauvreté, le Secours Catholique Caritas France constate une nouvelle baisse du revenu des ménages les plus démunis.

Ce revenu atteint à peine 573 euros par mois. 23% des ménages ne perçoivent même aucune ressource : c’est 8 points de plus qu’en 2010. Ce sont souvent des ménages de nationalité étrangère, parmi lesquels de plus en plus d’étrangers en situation régulière.

Ces ménages sans ressources sont aussi plus fréquemment des couples avec enfants (28% en 2019).


"Les conséquences pour ces familles ne sont pas seulement monétaires", explique Antoine Aumonier, le délégué franc-comtois du Secours Catholique, "elles sont bien plus dramatiques, c'est l'isolement, l'absence de vie sociale, les ruptures conjugales ou parentales, des enfants qui se retrouvent à la rue".
 

Un appel à l'aide des maires et des communes


Pour répondre à l'urgence de la situation, le Secours Catholique formule plusieurs propositions, dont un revenu minimum garanti de 893 euros par mois pour tous à partir de 18 ans, et la revalorisation de l'aide personnalisée au logement (APL). L'ONG caritative et humanitaire fait aussi un appel aux maires :

"Des communes pratiquent déjà une tarification sociale pour les cantines scolaires, pourquoi ne pas étendre ce tarif social aux sports, aux loisirs, aux transports, aux frais d'obsèques ?" précise Antoine Aumonier.

Les personnes pauvres sont confrontées à des choix impossibles. Il faut arbitrer entre la cantine ou le loyer, entre se nourrir ou s'habiller :
 

Les personnes que l'on rencontre au Secours Catholique sont vraiment des super-héros ! Arriver à s'en sortir dans ces conditions ? Nous ne sommes pas nombreux à être capable de faire de même !

Antoine Aumonier, délégué du Secours Catholique en Franche-Comté


Moins de 9 euros par jour pour se nourrir...


Plus de la moitié  des ménages accueillis au Secours Catholique disposent de moins de 9 euros par jour "de reste pour vivre" par personne, une fois payées les factures et les charges comme le loyer. Moins de 9 euros par jour pour se nourrir ou s'habiller...

La crise sanitaire provoquée par l'épidémie du coronavirus Covid-19 a aussi fait plonger dans la pauvreté de nombreux salariés ou indépendants, privés de toute activité professionnelle. Selon le ministère de la Santé et des Solidarités, en cette fin 2020, 8 millions de personnes ont dû recourir à des associations de distributions gratuites de repas. Ce serait huit fois plus que dans les années 1980.

Dans son rapport annuel sur l'état de la pauvreté, le Secours Catholique évoque ainsi la vie quotidiennes des plus pauvres :
 

Il faut se priver, se serrer la ceinture sur tout, ne chauffer qu’une pièce sur deux, renoncer à recevoir chez soi ou décliner les invitations des enfants aux anniversaires, faute de pouvoir offrir un cadeau. Il faut encore appeler à l’aide. Comment se projeter vers l’avenir ?

Rapport annuel sur la pauvreté du Secours Catholique





 
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