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Municipales 2020 : Besançon écolo, Lons-le-Saunier bascule à gauche, que retenir de ce second tour en Franche-Comté ?

Le second tour des élections municipales se résume en deux visages. Celui d'Anne Vignot, qui s'empare de la mairie de Besançon. Et celui de Jean-Yves Ravier nouveau maire de Lons dans le Jura après des années Pélissard. En toile de fond, une troisième ombre inquiétante, l'abstention. 

Anne Vignot - Jean-Yves Ravier
Anne Vignot - Jean-Yves Ravier © Emmanuel Rivallain - Amandine Plougoulm - France 3 Franche-Comté

Anne Vignot, une femme, écologiste, deux premières pour la mairie de Besançon


Elle a réussi son pari. Faire de Besançon un bastion écologiste. Anne Vignot prône une "écologie sociale" dans cette ville qui vote à gauche depuis près de 70 ans et où Jean-Louis Fousseret le maire sortant (PS devenu LREM) ne se réprésentait pas.

La candidate a réussi à rassembler le PS, le PCF et Génération.s dès le premier tour, sans néanmoins s'unir à la France Insoumise entre les deux scrutins. Elle est élue avec 43,8% des suffrages. Elle devance les candidats LR Ludovic Fagaut (41,61%) et LREM Eric Alauzet (14,55%).

Qui est Anne Vignot, madame la maire de Besançon ? 

Anne Vignot est née le 28 février 1960 à Dole (Jura) dans une famille ouvrière de cinq enfants. Après une enfance dans la cité ouvrière de Tavaux (Jura), elle a étudié la géographie à l'université de Besançon, puis à Lyon.
L'écologiste exerce actuellement la profession d'ingénieur de recherche en géographie au laboratoire chrono-environnement du CNRS. Elle a un fils, pédiatre en Seine-Saint-Denis.
Ses débuts en politique ont commencé il y a dix ans, lorsque EELV décida de constituer des listes formées à 50% de personnalités issues de la société civile pour les élections régionales. Les Verts bisontins, et notamment Eric Alauzet, ont alors proposé à "cette femme, écologiste et intellectuelle" de prendre la tête de liste dans le Doubs. C'est ainsi qu'elle a été élue conseillère régionale écologiste en 2010.

Anne Vignot, 60 ans faisait partie de la majorité municipale depuis 2014. Elle occupait le poste d'adjointe au développement durable, à l'environnement et à la transition énergétique.
   

Jean-Yves Ravier, ce kiné qui fait basculer la cité lédonienne à gauche après 30 ans de gouvernance à droite

Après cinq mandats de Jacques Pélissard, la cité du Jura tombe dans l'escarcelle de la gauche. La surprise de ce second tour. 

Depuis 1989 soit 31 ans, Lons était à droite. Mais les électeurs ont décidé ce dimanche 28 juin d'un changement de cap. 

Jean-Yves Ravier est élu maire avec 52,34% des voix. Jean-Yves Ravier était parvenu à présenter une liste d'union de la gauche (PC - PS - EELV). Kinésithérapeute, il est conseiller municipal d'opposition à Lons le Saunier depuis 2014.

Jacques Pélissard, 73 ans, ancien député et président de l'Association des maires de France-AMF avait désigné comme dauphin son adjoint aux affaires sociales Christophe Bois (Agir, la Droite Constructive). Etiquetté et investi par La République, Christophe Bois n'a pas réussi à maintenir la ville à droite. Il estime qu'une "partie de la droite traditionnelle s'est clairement abstenue et nous le payons. On n'a pas été capable de se réunir. Nous sommes partis divisés dans notre majorité municipale. Cela a été très compliqué depuis deux ans car nous n'avons pas réussi à nous entendre. Nous perdons ce soir de 200 voix dans une campagne qui a été très longue, très compliquée. Nous serons une opposition constructive et vigilante".  Lons bascule à droite pour 200 voix et une abstention importante. 

Qui est Jean-Yves Ravier, nouveau maire de Lons-le-Saunier ?

Jean-Yves Ravier est né le 25 août 1958 à Bourg-en-Bresse, l'homme a grandi à Lons-le-Saunier où il a fait toute sa scolarité avant de partir suivre des études de kinésithérapeute à Besançon. Il est ensuite revenu s'installer à Lons-le-Saunier où il exerce depuis 35 ans.
Toujours investi dans le milieu associatif, il a accepté la proposition du socialiste Marc-Henri Duvernet de le rejoindre pour les municipales de 2014, ce qui lui a permis de découvrir le monde de la politique.
Elu au conseil municipal et au conseil communautaire en 2014, son action politique dans l'opposition a renforcé son "envie de faire évoluer (sa) ville, de mettre (ses) compétences et (son) énergie au service des Lédoniennes et des Lédoniens".
Ce kiné homme marié, père de trois enfants, s'est beaucoup investi dans le bénévolat. Sportif, joueur de basket et de tennis, il a été président du club de basket de Lons-le-Saunier pendant 15 ans.
L'homme a expliqué qu'il allait abandonner son métier pour se consacrer à la ville de Lons.

L'absention record, l'autre visage de scrutin

Dans les communes de Franche-Comté et de France où les électeurs étaient appelés à un second tour l'abstention a été historique. Du jamais vu pour des élections municipales. Près de 6 électeurs sur 10 ne sont pas aller voter au niveau national.
L’abstention pour le second tour des élections municipales 2020 est estimée à 59%. Au premier tour, l'abstention s'était élevée à 57,6%
A Besançon, l'abstention atteint 60,90%. "Moi ce qui m'inquiète le plus, c'est l'abstentionnisme. Ca veut dire que nous sommes face à une fracture démocratique. On a un problème de confiance. Nous travaillerons en priorité sur cet axe là" nous a expliqué Anne Vignot, sur le plateau de France 3 Franche-Comté.
A Lons-Le-Saunier, l'abstention s'élève à 56,46%.
 
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