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Le mystère du vitrail de Ney dans le Jura levé après un reportage de France 3

Sur ce vitrail, le nom des soldats du village de Ney tués pendant la première guerre mondiale. / © France 3 Franche-Comté : Julien Percheron
Sur ce vitrail, le nom des soldats du village de Ney tués pendant la première guerre mondiale. / © France 3 Franche-Comté : Julien Percheron

Plus d’un siècle après la mort de Marius Lépeule, tué en Champagne en 1918, on sait désormais pourquoi sa photo ne figure pas sur le vitrail qui rend hommage aux enfants de la commune tués pendant la première guerre mondiale.

Par Thierry Chauffour

L’histoire aurait dû s’arrêter là. Et chaque jour qui passait était une chance de moins de savoir qui était Marius Lépeule, inscrit sur le monument aux morts de Ney mais oublié sur le beau vitrail de l’église. Ce vitrail rend hommage à tous les soldats du village tués pendant la première guerre mondiale.
 


Le vitrail acheté grâce à une souscription des paroissiens de Ney présente une photo en médaillon de chaque soldat sauf de Marius Lépeule. Dans notre reportage diffusé le 11 novembre dernier, Pierre Chamberland, journaliste à la retraite et passionné d’histoire locale avouait que ses recherches dans les archives municipales étaient restées vaines. Personne à Ney n’avait pu expliquer pourquoi Marius Lépeule ne figurait pas sur le vitrail.
 
Le vitrail de l'église de Ney (39) rend hommage aux Poilus du village
Dans la petite église de Ney dans le Jura, un vitrail représente les visages des enfants du village morts en 14-18, une manière de se souvenir de ceux qui ont tant souffert dans les tranchées. Cent ans après la fin de la guerre, le vitrail n'a toutefois pas encore livré tous ses secrets. Un soldat n'a pas été représenté. Les enfants de l'école lui rendent hommage. Avec Pierre Chamberland Philippe Suescun Professeur des écoles Reportage Thierry Chauffour, Julien Percheron et Sophie Rethoré.


Ce soir-là, Alain Séjourné, généalogiste amateur de Lons-le-Saunier était devant son téléviseur. Rapidement il prend contact avec Pierre Chamberland et ensemble ils décident de mettre en commun leurs compétences. Quelques jours de travail suffisent pour réunir de précieuses informations. Marius Lépeule a désormais une histoire.

Né en 1879 à Censeau (Jura), Marius Lépeule résidait à Ney avec sa femme Jeanne depuis 1908, il travaillait comme charpentier dans une petite entreprise qui existe toujours aujourd’hui. Mobilisé dès 1914, Marius a fait quatre ans de guerre, il est mort en Champagne le 25 juillet 1918, quatre mois avant l’armistice. Après le décès de son mari et de sa fille, morte à deux ans en 1915, Jeanne est retournée dans son village de Vers-en-Montagne, à une douzaine de kilomètres de Ney. Elle y est décédée en 1968.
 
La tombe de Marius Lépeule à Vers-en-Montagne / © Pierre Chamberland
La tombe de Marius Lépeule à Vers-en-Montagne / © Pierre Chamberland


Au moment de la commande du vitrail en 1920, la famille Lépeule ne résidait donc plus à Ney, ce qui explique sans doute l’absence de Marius sur l’allégorie religieuse. Toutefois, il figure bien sur le monument aux morts érigé dans les années trente. Son nom est d’ailleurs également inscrit sur le monument aux morts de Vers en Montagne.

Il y a quelques années les enfants de l’école de Ney et leur instituteur Philippe Suescun avait imaginé l’histoire de Marius Lépeule et réalisé un petit livre, une manière pour eux de réparer une injustice.

Ils pourront désormais, s’ils le souhaitent, aller se recueillir sur la tombe de Marius à Vers-en-Montagne. Son corps y a été ramené en 1920, il y repose aux côtés de sa femme et de sa fille.


► Remerciements à Pierre Chamberland grâce à qui nous avons pu faire cet article. 


 

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