Coronavirus Covid-19 : une “catastrophe” pour les entreprises de transport de la Nièvre privées de voyages

Les autocaristes privés de voyages en raison du Coronavirus / © jean pierre nguyen van hai-barbi / MaxPPP
Les autocaristes privés de voyages en raison du Coronavirus / © jean pierre nguyen van hai-barbi / MaxPPP

C’est une conséquence directe de l’épidémie de Coronavirus, l’interdiction des voyages scolaires à l’étranger. Une mesure de précaution mis en place mais qui met en péril certaines entreprises spécialistes du transport par autocar. Exemple dans la Nièvre.

Par Sébastien Letard

« C’est la catastrophe !». Depuis dimanche 1er mars, Emmanuel Chevalier, directeur général des Voyages Gonin à Decize, voit une partie de son activité de l’année s'envoler. C’est à cette date que le gouvernement a annoncé la suspension des voyages scolaires à l’étranger pour enrayer l’épidémie de coronavirus. Une décision qui a un impact immédiat sur l’autocariste de la Nièvre. Il emploie 70 personnes.
 

"Tous nos voyages sont annulés"


« Ça a commencé dimanche à 18h. On a appris que deux voyages qui devaient partir le lendemain en Espagne et en Angleterre étaient annulés. Depuis ça s’accumule » constate Emmanuel Chevalier, un peu désabusé. 4 de ses chauffeurs se sont ainsi retrouvés en repos forcé. « Tos nos voyages sont annulés jusqu’au 15 mars, mais l’interdiction pourrait être prolongée jusqu’aux vacances de printemps. »
 

"Si ça continue, on sera obligé d’avoir recours au chômage technique"


Les voyages scolaires représentent près de 40 % de l'activité de l'entreprise. Au total selon l’entreprise, ce sont déjà 15 voyages qui ont été annulés en quelques jours jours. En moyenne, ils sont facturés entre 4 500 et 5 000 euros. "Pour l’instant, les chauffeurs sont mis en repos ou redéployés, détaille Emmanuel Chevalier.  On démarche des clients pour signaler que l’on a des cars disponibles. Mais si ça continue, on sera obligé d’avoir recours au chômage technique ».

La peur de voyager


Un constat partagé par d’autres entreprises. C’est entre février et juin que se joue une grosse part de l’activité du secteur. A Dun-les-places, les Cars Charles enregistrent eux aussi les annulations. « On a eu 2 séjours annulés pour l’Angleterre et le carnaval de Venise » explique la société qui réalise environ 20 % de son activité avec les voyages scolaire, notamment des séjours au ski ou des séjours linguistiques. Elle a embauché plusieurs saisonniers jusqu’en juin.

« Si les interdictions ne concernent que l’étranger, on s’en sortira » explique Frédéric Aufray. « Mais il ne faudrait pas que l’interdiction des voyages soit étendue à tout le territoire national, d’autant que l’on a aussi des annulations de clients qui ont peur de voyager. »

« Pour l’instant, on navigue à vue »


Au-delà des interdiction de certains voyages à l'étranger, c'est aussi le climat d'inquiétude qui menace le secteur. « On rassure beaucoup nos clients » explique Virginie Laure, directrice de l’agence de voyage Viabela à Decize. « Pour l’instant, on n’a enregistré que 2 ou 3 annulations de clients qui devaient partir au Cambodge ou en Egypte. Pas plus ! Mais il y a beaucoup d’inquiétude, pas toujours justifiée. Surtout quand cela concerne des départs en août ou septembre. »

Difficile pour le secteur de savoir à quoi ressembleront les prochains mois. Ils pourraient devenir très compliqués, surtout pour les plus petites entreprises. « Pour l’instant, on navigue à vue » résume Emmanuel Chevalier.
 

 

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