Cosne-sur-Loire : les salariés d'Altifort doutent d'un repreneur viable

Altifort fabrique des tubes de forage à destination de l'exploitation pétrolière / © FTV
Altifort fabrique des tubes de forage à destination de l'exploitation pétrolière / © FTV

Le site d'Altifort-SMFI de Cosne-sur-Loire (Nièvre) est placé en redressement judiciaire depuis fin août. Un repreneur potentiel s'est manifesté. Mais les salariés craignent que l'offre ne soit pas viable et n'aboutisse à une liquidation de l'entreprise.

Par R. C.

Altifort-SMFI ne voit toujours pas la fin du tunnel. L'entreprise de Cosne-sur-Loire, spécialisée dans les tubes sans soudure pour l'industrie pétrolière, est placée depuis le 29 août en redressement judiciaire. Réunis en comité social et économique (CSE) extraordinaire ce mardi à Tarbes (Hautes-Pyrénées), les délégués du personnel ont eu la confirmation qu'un potentiel repreneur avait déposé une offre. Mais la proposition ne leur paraît pas satisfaisante.

"L'entreprise qui s'est manifestée reprendrait peut-être 20 ou 25 personnes sur les 115 salariés du site, détaille Jérôme Marlot, délégué syndical FO. Mais elle n'apporte aucune garantie, très peu de fonds et elle ne rachèterait le site que pour un euro. Pour nous, l'offre sera sûrement refusée en l'état."

Le retour d'un ancien dirigeant ?


Le candidat n'est pas un inconnu pour le personnel. "C'est un petit acteur du pétrole qui connaissait le site de Cosne, précise Jérôme Marlot. Une société détenue par un ancien dirigeant de l'entreprise dans les années 1980, qui est toujours en activité."

Une réunion à laquelle les représentants de salariés n'avaient pas été conviés s'est également tenue ce lundi à la préfecture de la Nièvre, pour un point d'étape sur les actions menées. Mais le flou persiste et les candidats ont jusqu'au 21 octobre pour déposer un dossier ou améliorer une offre.

Crainte d'un rachat détourné des machines


Pourtant, le délai n'incite pas les salariés à l'optimisme. "Beaucoup de choses nous paraissent inatteignables, s'inquiète Jérôme Marlot. Je ne vois pas comment ils pourraient faire tourner un site comme le nôtre avec 20 personnes. On se demande s'ils n'essayent pas de ne racheter que les machines, par un moyen détourné."

Le repreneur potentiel aurait ainsi déjà demandé à l'Etat la possibilité de financer deux années de chômage supplémentaires. Impensable pour le délégué syndical. "Cela fait déjà cinq ans que nous sommes confrontés à du chômage technique. Deux ans de plus, c'est immoral. C'est déjà ce que nous avons vécu avec le rachat par Altifort. Certains salariés ont atteint les 1000 heures de chômage technique depuis le début de l'année, cela représente une perte entre 400 et 500 euros chaque mois."

La question des brevets pose également problème. Vallourec a cédé le site à Altifort sans que ses brevets, même ceux développés à Cosne, ne soient inclus dans la transaction. Le repreneur potentiel n'en détiendrait pas non plus. Une situation qui obligerait l'entreprise à fabriquer des pièces standart, soumises à une très forte concurrence chinoise.

La liquidation, perspective la plus probable


Aujourd'hui, la résignation domine donc à Cosne-sur-Loire. "Certains salariés de plus de 50 ans qui n'ont que peu de perspectives de retrouver du travail ailleurs s'accrochent encore à l'espoir d'un repreneur, explique Jérôme Marlot. Les autres attendent simplement de passer à autre chose. On sait qu'on ne relèvera pas la tête. Les payes d'octobre sont assurées, mais à la fin du mois il n'y aura plus d'argent dans les caisses de l'entreprise. A moins d'un repreneur miracle qui se présente, il y a 99% de chances qu'on passe en liquidation début novembre."

Reprise, ou liquidation de l'entreprise aux conditions minimum prévues par la loi, la décision devrait être prise par le tribunal de commerce de Paris dans la première quinzaine de novembre.

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