"Un quinquennat perdu pour le climat" : à Nevers, des militants écologistes goudronnent le portrait d'Emmanuel Macron

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Écrit par Rémy Chidaine

A Nevers, une dizaine de militants écologistes a mené une action pour dénoncer l'inaction du Président de la République en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Une initiative symbolique au moment où la France prend la présidence de l'Union européenne.

"Sabotage climatique : Macron coupable". Les banderoles rouges et noires brandies par la dizaine de militants écologistes sur la place de l'Europe à Nevers donnent le ton. Au milieu, un portrait du président de la République retourné et goudronné. Le message est clair : dénoncer l'inaction d'Emmanuel Macron en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

"Nous estimons que ces cinq années de quinquennat furent cinq années qui sont perdues dans la bataille climatique", dénonce Marion Leroy de la Brière, porte-parole neversoise de l'association Action Non-Violente COP21"Sur différentes thématiques, comme la biodiversité ou la justice fiscale, le compte n’y est absolument pas. Non seulement, il n’y a pas eu d’actions ambitieuses en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique, mais bien au contraire, nous avons justement eu des mesures qui vont à l’encontre de cette lutte."

Une action symbolique

D'autres collectifs comme Attac Nièvre, Adret Morvan, Sortir du nucléaire ou encore Youth for climate Nevers ont rejoint ANV COP21 pour l'occasion. Une action qui se veut symbolique : au même moment, le Président de la République s'exprime devant le Parlement européen de Strasbourg pour lancer la présidence française de l'Union européenne.

"Emmanuel Macron se présente sur la scène internationale et la scène européenne comme un leader du climat, alors que ses mesures ne sont absolument pas assez ambitieuses et que sur son quinquennat, le compte n’y est pas", regrette Marion Leroy de la Brière.

Maintenir la pression

Parmi les griefs des manifestants, la loi "Climat et résilience", adoptée le 20 juillet dernier. "Les propositions de la Convention citoyenne pour le climat avaient tout de même des ambitions assez fortes, et au moment de la proposer au vote, toutes les mesures avaient perdu de leur substance, avaient des délais beaucoup trop allongés, voire avaient carrément été supprimées."

Conséquence, de nombreuses associations écologistes ont soutenu ces derniers mois "L'Affaire du siècle". Ce recours en justice a valu à l'Etat français d'être reconnu coupable d'inaction contre le dérèglement climatique. Mais pour Marion Leroy de la Brière, pas question de s'arrêter là : "La mobilisation citoyenne doit continuer à faire pression sur ce gouvernement, et à tous les échelons, afin que le président de la cinquième puissance mondiale prenne ses responsabilités en matière de lutte contre le dérèglement climatique."

A moins de trois mois de l'élection présidentielle, les militants promettent de rester mobilisés, pour éviter de perdre plus de temps face au réchauffement climatique.