Nevers : Important dispositif de sécurité déployé dans le quartier du Banlay contre les violences nocturnes

Le quartier du Banlay de Nevers (Nièvre) a été en proie à plusieurs nuits de violences ciblant les forces de police entre le 30 mars et le 7 avril. En réponse, le préfet de la Nièvre a demandé l’arrivée de renforts pour sécuriser le secteur.

Depuis ce jeudi 8 mars, une unité mobile de CRS soutien les policiers dans le quartier.
Depuis ce jeudi 8 mars, une unité mobile de CRS soutien les policiers dans le quartier. © Remy Chidaine

Le dispositif de surveillance policière est renforcé dans le quartier du Banlay à Nevers (Nièvre). Après trois nuits de violences entre le mardi 30 mars et le mercredi 7 avril, 50 policiers sont déployés depuis ce jeudi 8 avril à la demande du préfet de département, Daniel Barnier, avec l’appui du maire de la commune, Denis Thuriot.

Le 30 mars dernier, les forces de l’ordre avaient été la cible de tirs de mortier dans le quartier du Banlay. Policiers et gendarmes s'étaient unis pour répondre à ces attaques. Le dimanche 4 avril, deux véhicules de police avaient été incendiés. Et ce mercredi 7 avril dans la soirée, une centaine de feux d’artifice ont été tirés entre 23h à 23h45 et deux véhicules des forces de l’ordre ont été touchés.

30 individus recherchés

Des actes commis par une trentaine d’individus que le préfet Daniel Barnier entend désormais identifier. "L’idée c’est de ne plus rien laisser passer, et de faire que ces fauteurs de trouble irresponsables soient mis hors d’état de nuire", explique-t-il.

Depuis ce jeudi 8 avril, et pour 48 heures, des CRS assistent donc les équipes de police présentes dans le secteur. "Ces renforts étaient indispensables. Nous souhaitons passer à une étape supplémentaire qui est celle de la sécurisation du quartier, de la recherche d’individus pour les interpeller et les mettre à la disposition de la justice", affirme le préfet de la Nièvre.

Ce sont des comportements inadmissibles, dangereux et volontaires de transgression de la loi et de provocation des forces de l'ordre qui doivent avoir les réponses adaptées.

Alexa Carpentier, procureure de la République

Une enquête est en cours, sous l’autorité du commissariat de police de Nevers. Des investigations rendues complexes par le contexte, avec des fauteurs de trouble souvent masqués. "Il y a le temps de l’émotion, de la constatation des évènements, et il y a le temps de l’enquête. Ça demande beaucoup de précision. Il faut des éléments de preuve", souffle Alexa Carpentier, procureure de la République de Nevers.

Un appel à témoin a alors été lancé pour permettre l’identification des individus ayant participé aux nuits de violence, comme nous l'explique la procureure de Nevers.

L'appel à témoin de la procureure de Nevers ©Remy Chidaine

Une réaction à l'action communale dans le quartier ?

De son côté, la mairie de la commune a décidé de transformer les caméras de protection installées dans le quartier en caméras de surveillance. Denis Thuriot (également tête de liste LREM aux élections régionales) avait expliqué en mars 2019 vouloir faire du secteur du Banlay, le quartier le plus moderne de Nevers. La municipalité a depuis tenté de s'attaquer au trafic de stupéfiants et a mis en place des dispositifs de dialogue avec les habitants. Un dispositif efficace selon le maire.  

Les actions de dialogue social dans le quartier du Banlay à Nevers ©Remy Chidaine

Pour Denis Thuriot, c’est cette action communale qui est visée. "Je pense que tout cela dérange, et tant mieux. On va continuer de déranger et on ne va pas se laisser faire. C’est l’état de droit qui doit régner".

Le renforcement des effectifs policiers dans le quartier du Banlay est maintenu jusqu’à ce vendredi soir. Mais en fonction de l’évolution de la situation, les autorités se donnent la possibilité de prolonger le dispositif.

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