Parti socialiste : Christian Paul ne sera pas premier secrétaire

Jean-Christophe Cambadélis a été élu jeudi soir avec plus de 70% des voix premier secrétaire du Parti socialiste par les militants face au "frondeur" et député de la Nièvre, Christian Paul.

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Sans grande surprise, le député de la Nièvre Christian Paul ne prend pas la tête du Parti socialiste. Jean-Christophe Cambadélis, le député parisien l'emporte largement, jeudi 28 mai 2015. "Un vote qui marque l'unité du parti pour la réussite du quinquennat", selon son camp.

Dans la Nièvre, Christian Paul a tout de même recueilli 73%, des suffrages. Il a également enregistré un bon score en Saône-et-Loire avec 60% des voix. Dans les deux autres départements bourguignons, les chiffres ne vont pas en sa faveur, 36% dans l'Yonne et seulement 28% en Côte d'Or.

Reportage de Régis Guillon et Cécile Claveaux à Paris avec Christian Paul le jour du vote à Solférino: 

durée de la vidéo : 00h02mn00s
©INA

Un score qui rassure le gouvernement

Ce score devrait à nouveau rassurer l'exécutif, qui s'était déjà félicité des résultats obtenus par M. Cambadélis la semaine dernière autour de sa motion (orientation politique) signée par Manuel Valls, la quasi-totalité du gouvernement mais aussi Martine Aubry.

"Jean-Christophe Cambadélis devrait faire un score au-dessus de 70%" des voix, a affirmé à la presse M. Borgel au siège du PS rue de Solférino, peu avant minuit. Ces résultats partiels, mais qui ne devaient pas beaucoup changer, portaient sur "le dépouillement dans plus de 50% des sections"

"Je félicite de sa désignation Jean-Christophe Cambadélis, notre premier secrétaire pour la période qui s'ouvre", a déclaré aussitôt son challenger, le député "frondeur" Christian Paul.

Reportage de Damien Boutillet et Romy Ho-A-Chuck, jeudi 28 mai 2015 à la section du PS de Mâcon avec : 

  • Danielle Jault, militante PS de Mâcon
  • Stephane Guiguet, secrétaire de la section PS de Mâcon






Tourner la page des divisions

Quelques minutes plus tard, ont fusé des bravos et des acclamations provenant du bureau du premier secrétaire, qui selon M. Borgel, a débouché le champagne. "La victoire de jeudi dernier" de la motion A, "celle de ce soir qui l'élargit, montrent que le Parti socialiste s'est mis en situation de tourner la page de ses divisions", s'est félicité ce dernier.

"On voulait un congrès de clarification: le message, c'est unité pour la réussite de la fin du quinquennat, unité pour le renouvellement des socialistes, l'unité pour un rassemblement nouveau de la gauche", a-t-il ajouté.


M. Cambadélis, 63 ans, était certain d'être élu: sa motion, signée à la fois par Manuel Valls et Martine Aubry, avait obtenu 60% des voix lors du premier vote jeudi dernier.

En outre, les motions C et D (respectivement 1,5% et 9,5% des voix) devraient être des réserves de voix, la C et la D ayant dans l'ensemble appelé à voter pour lui.

Le reflet d'un parti fragile

Le député de Paris attendait l'onction des militants, lui qui n'avait été désigné que par le seul parlement du parti en avril 2014 après l'exfiltration de son prédécesseur Harlem Désir vers le gouvernement. 

En 2012 Harlem Désir avait été élu avec 72,5% des voix. La participation était toutefois seulement de "de 49 à 50%", sur un corps électoral de 131.000 militants appelés à voter. Jeudi dernier, 54,5% des adhérents s'étaient déplacés, reflet d'un parti fragile, miné par une importante hémorragie des militants.

Objectif: 500.000 militants en 2017

De son côté Christian Paul a fait valoir que son camp était "la deuxième force au sein du PS" et qu'il faudrait s'adresser au gouvernement "pour inspirer et orienter son action".

"Il va falloir tirer des conséquences très concrètes de ce qui a été écrit, signé et dit ces quelques semaines", a-t-il ajouté, estimant qu"il y a une volonté évidente et commune des socialistes pour qu'il y ait une inflexion de la politique gouvernementale. Tous l'ont dit".

"Pendant deux ans, on va tout faire pour peser sur l'action gouvernementale" a renchéri Emmanuel Maurel.


Une fois élu - et ce pour un mandat de trois ans - M. Cambadélis entend "renouveler" le Parti socialiste, "élargir (sa) base militante, moderniser (ses) pratiques. Alors que le parti est passé de 170.000 à 131.000 militants en trois ans, M. Cambadélis vise 500.000 adhérents d'ici 2017.

"L'alliance populaire"

Il veut aussi définir une "feuille de route" pour "tenter de gagner les prochaines élections" - régionales de décembre puis présidentielle de 2017 -, un objectif selon lui "tout à fait possible". Il prône en outre une "alliance populaire" avec les partis de gauche et les citoyens.

Le rendez-vous de Poitiers, du 5 au 7 juin2015, entérinera les votes de ce jeudi 28 mai et du 21 mai. Ce sera aussi l'élection des deux-tiers des membres du conseil national (parlement), au prorata du score obtenu par chaque motion. L'occasion de tractations tous azimuts, y compris à l'intérieur de chaque motion, afin que chaque sensibilité ou sous-courant soit représenté.