Procès des attentats du 13-Novembre : "comment peut-il parler d'humanité après ce qu'il a fait ?", réagit un rescapé aux propos de Salah Abdeslam

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Écrit par Auberi Verne

Sorti de son silence au cours de son dernier interrogatoire, mercredi 13 avril, Salah Abdeslam a affirmé avoir renoncé à se faire exploser "par humanité". Mais pour Gaëtan Honoré, rescapé du Bataclan, difficile de croire celui qui a participé à des attentats ayant entraîné la mort de 130 personnes.

"Dans ce procès, la question est toujours celle de la vérité." La vérité, voilà plus de six ans que Gaëtan Honoré la recherche. Il fait partie des 1 700 parties civiles lors du procès. Et aujourd'hui, peut-être que ce directeur d'école dans la Nièvre, rescapé du Bataclan, en est un peu plus proche.

Mercredi 13 avril. Nouvelle journée dans le procès des attentats du 13 novembre 2015. Salah Abdeslam, dernier membre en vie des commandos, était entendu pour la dernière fois par la cour d'assises de Paris. Il a notamment expliqué les raisons qui l'ont poussé à ne pas passer à l'acte. "J'ai renoncé par humanité", a-t-il déclaré, comme le rapporte franceinfo.

Mais pour Gaëtan Honoré, les déclarations de l'accusé restent difficiles à croire. "Le premier réflexe, ça a été de se dire : 'il se fout de nous.'"

"On peut difficilement associer cette intention d'humanité à l'individu", poursuit-il. "Il s'est caché pendant plusieurs mois après le 13 novembre. S'il avait vraiment fait preuve d'humanité, pourquoi ne s'est-il pas rendu par exemple ?"

Quelle est la place de l'humanité chez lui, après qu'il ait déposé ses complices qui se sont fait exploser ?

Gaëtan Honoré, rescapé du Bataclan

"La vérité du jour n'est pas celle du lendemain"

Le 30 mars dernier, Salah Abdeslam avait fait valoir son droit au silence en refusant de s'exprimer devant la cour. Sa dernière prise de parole est donc vécue comme un soulagement par Gaëtan Honoré. "Ça participe à cette démarche de recherche de la vérité", affirme-t-il. "Si ce qu'il raconte est vrai, ça change des choses. Des zones d'ombre prennent de nouvelles épaisseurs."

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S'il se satisfait que le procès ne fasse plus du "surplace" à cause du silence des mis en cause, le directeur d'école reste prudent face aux déclarations.

"Depuis le 8 septembre, il se montre tour à tour docile puis provocateur. Ça nous fait nous poser plein de questions, on ne sait pas sur quel pied danser. C'est très compliqué de se positionner, car la vérité du jour n'est pas celle du lendemain."

La vérité d'hier sera-t-elle celle d'aujourd'hui ? L'interrogatoire de Salah Abdeslam reprend ce soir.