Viols, agressions sexuelles, attouchements, 19 femmes ont déposé plainte contre un ostéopathe du Doubs

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sophie Courageot avec Stéphanie Bourgeot
Un ostéopathe du Doubs mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur des patientes.
Un ostéopathe du Doubs mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur des patientes. © Jean-Marc LOOS - maxPPP

Dans le Doubs, la justice a reçu 16 nouvelles plaintes de patientes. Toutes fréquentaient le cabinet d'un ostéopathe de Pontarlier (Doubs), condamné début janvier 2021 pour viols et agressions sexuelles.

Que s'est il passé dans le cabinet de ce jeune ostéopathe qui exerçait à Pontarlier ?

16 nouvelles femmes ont livré ces dernières semaines leurs témoignages à la police après l’appel à témoins lancé début janvier par le Procureur de la République de Besançon. Elles dénoncent de nouveaux faits. 

Le 7 janvier 2021, Etienne Manteaux annonçait la mise en examen d'un ostéopathe de 29 ans pour viols sur deux femmes, et agressions sexuelles sur une autre. L'homme pratiquait dans un cabinet très fréquenté à Pontarlier. Les faits auraient eu lieu lors d’actes de soins. Les enquêteurs soupçonnaient l’existence d’autres victimes. Un appel avait été lancé pour qu’elles se fassent connaître. 16 nouveaux témoignages et plaintes sont arrivés sur le bureau des enquêteurs et du juge d’instruction.

De nouveaux témoignages de femmes de 17 ans à 50 ans

“J’ai lu ces 16 nouvelles dénonciations, elles ne sont absolument pas du tout redondantes, ce n’est pas un copier coller. Ce sont des personnes qui avec leurs mots à elles, dans des situations très singulières, expliquent ce qui s’est passé” note Etienne Manteaux. “Ces patientes ont des pathologies différentes, il y a une vraie singularité dans ces 19 dépositions ce qui à mes yeux les rend éminemment crédibles” ajoute le Procureur. 

Un ostéopathe déjà mis en examen pour viols et agressions sexuelles

Ces faits viendraient s’ajouter à ceux pour lesquels l’homme est déjà mis en examen. Tout commence en juillet 2020 quand une patiente de 40 ans ressent un acte de pénétration vaginale, avec les doigts lors d’une manœuvre de l’ostéopathe. Sidérée, elle porte plainte plusieurs jours après. 

En octobre et décembre 2020, deux nouveaux témoignages viennent s’ajouter au dossier. Deux autres femmes font état d’agressions. Alors qu’elle consultait régulièrement, une femme explique aux enquêteurs avoir subi, lors de la dernière séance, des caresses marquées au niveau du pubis.

Une troisième femme, âgée de 53 ans, accuse ce même ostéopathe de l'avoir pénétrée avec les doigts, en octobre 2020, dans le cadre d'une séance qui démarre normalement et qui se termine par un acte d'introduction.

L’homme nie toute intention de violences physiques envers ses patientes 

Mis en examen pour les trois premiers faits, l’ostéopathe nie toute intention. “Il admet que son explication sur certains actes particuliers dans des zones sexuées a pu être tout à fait insuffisante et défaillante. Il conteste formellement toute violence physique, encore plus toute intentionnalité de violences physiques, et explique s’être toujours situé exclusivement dans un cadre thérapeutique” détaille le Procureur.

Les ostéopathes médecins, et uniquement médecins, pouvaient être formés il y a quelques années à des manipulations nécessitant une pénétration, notamment dans le cas de fracture du coccyx. "Seul un médecin ostéopathe peut le pratiquer, si préalablement il a recueilli le consentement éclairé de son patient" précisait en janvier 2021 Etienne Manteaux lors d'une conférence de presse. 

L’instruction est en cours. Elle va s’atteler à étudier les déclarations, profils des victimes et de l’agresseur présumé, de même que le préjudice subi par chacune de ces femmes. 

L’ostéopathe encourt 20 ans de prison si les faits sont avérés 

L’ostéopathe est placé sous contrôle judiciaire. En attendant la fin de l’instruction, il n’a pas le droit de résider sur Pontarlier, ni le droit d’exercer. Le professionnel de santé reste présumé innocent. Il encourt, s'il est renvoyé devant les assises, une peine de 20 ans de réclusion pour viols et agression sexuelle, en raison notamment d'une circonstance agravante : il agissait en tant que personne ayant l'autorité. 

 

 

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