Pesticides : le collectif « nous voulons des coquelicots » porte plainte pour mise en danger de la vie d'autrui

Dans le Doubs et le Territoire de Belfort, le collectif "nous voulons des coquelicots" et France Nature Environnement vont porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. En cause : l'utilisation agricole d'un pesticide, le glyphosate.

Les rassemblements du collectif d'opposants aux pesticides "Nous voulons des coquelicots" s'étaient tenus dans de nombreuses villes de France en 2018 et 2019.
Les rassemblements du collectif d'opposants aux pesticides "Nous voulons des coquelicots" s'étaient tenus dans de nombreuses villes de France en 2018 et 2019. © AFP / Damien Meyer
"Le glyphosate est considéré par l’OMS comme cancérogène probable et est visé par les associations de défense des personnes très exposés où les taux de malformations à la naissance, cancers et cancers précoces sont particulièrement élevés" : dans un communiqué, France Nature Environnement et le collectif Nous voulons des coquelicots explique ainsi le dépôt d’une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui.

La plainte devrait être déposée au tribunal de Belfort ce mercredi 25 novembre. L’interdiction de ce pesticide est réclamée par les associations de défense de l’environnement depuis plusieurs années.


En 2019, dans le Doubs et le Territoire de Belfort, une quarantaine de personnes s’étaient portées volontaires pour un prélèvement d’urine sous contrôle d’huissier. Elles voulaient connaitre le taux de glyphosate présent dans leur organisme :
 

Les résultats ont confirmé la présence de glyphosate dans 100% d’échantillons prélevés, allant de 0.11 à 3.34 ng/ml, des taux supérieurs à la norme pour l’eau (0,1 µg/L)

France Nature Environnement et "Nous voulons des coquelicots"

Appel pour l'interdiction des pesticides


Tout commence en 2018, par une pétition en ligne qui réclame l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. La pétition est intitulée nous voulons des coquelicots.

Le coquelicot, une fleur sauvage qui a quasiment disparu des champs, est devenue le symbole de la lutte contre les pesticides, et en particulier contre le glyphosate.

Une série de rassemblements avaient eu lieu dans les villes françaises, organisés par le collectif, comme à Besançon, à l'automne 2019 :
La pétition précisait les motivations des défenseurs de l'environnement :
 

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée (...) Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance.

 


La pétition avait dépassé le million de signataires :
 


Une série de rassemblements avaient eu lieu dans les villes françaises, organisés par le collectif, comme à Besançon, à l'automne 2019 :
 


Le glyphosate en ligne de mire


Tout particulièrement visé par les manifestants : le glyphosate. Il est l’un des composants actifs d'un herbicide, le  « Roundup ».

France Nature Environnement rappelle que "son épanchement dans les champs contamine les sols, l’eau et l’air ainsi que les êtres vivants en contact avec ces milieux, ou consommant des produits aspergés"

La plainte collective contre les industriels et les responsables politiques devrait être déposée le 25 novembre auprès du tribunal de Belfort. Les infractions mises en avant sont la mise en danger de la vie d’autrui, la tromperie aggravée et les atteintes à l’environnement.

En 2017, la France s'est fixée comme objectif  une interdiction totale du désherbant en 2023. L'objectif a été partiellement revu, avec une réduction de 50% de l'utilisation en 2021. Une affirmation peu crédible selon les associations de défense de l'environnement.






 
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