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Régionales : qui est Sophie Montel, la tête de liste FN en tête des élections régionales en Bourgogne Franche-Comté ?

© France 3 Franche-Comté
© France 3 Franche-Comté

Elle ne vit que de la politique et pour la politique. Gros plan sur Sophie Montel victorieuse du premier tour, Une diplômée d'histoire médiévale encartée au FN  depuis l'âge de 18 ans et qui s'est présentée à toutes les élections depuis une vingtaine d'années en Franche-Comté. 

Par Isabelle Brunnarius

Si elle demeure inconnue pour la plupart des Français, Sophie Montel l’est beaucoup moins pour ceux qui suivent l’actualité politique en Franche-Comté. C’est une véritable apparatchik du FN.
 
Alors que son parti fustige les élus cumulards de la droite et de la gauche qui ont fait de la politique leur métier, Sophie Montel ne vit que par et pour la politique. Membre du comité central du FN, conseillère régionale depuis 1998, Sophie Montel n’a pas de mandat dans sa commune de résidence, Saint-Vit, mais elle a été conseillère municipale à Besançon de 1995 à 2001 puis à Montbéliard, sa ville natale, en 2014. Pour se conformer à la loi, elle démissionnera rapidement de ce mandat lorsqu’elle sera élue députée européenne la même année.
Lors du débat sur France 3 Bourgogne Franche-Comté entre les deux tours des régionales, Sophie Montel précisa qu’elle souhaite conserver son mandat de députée européenne tout en présidant la grande région. Une position qu'elle partage avec Marine Le Pen. Pourtant, en 2012, son groupe dénonçait dans une tribune du journal du conseil régional le scandale du cumul des mandats.
 
Prolixe au Parlement européen, Sophie Montel fait partie des députés européens qui interviennent le plus en plénière, la Franc-Comtoise suit scrupuleusement la ligne de son groupe : l’élue a voté contre un texte préconisant l’accès aisé à la contraception et à l’avortement ». « Les amendements étaient hallucinants» s’est-elle justifiée sur le plateau de France 3 Franche-Comté.
 
Outre sa blondeur, Sophie Montel partage avec Marine Le Pen une vie familiale centrée sur le FN. Les deux femmes ont juste un an d’écart. La Franc-comtoise est née elle aussi dans une famille bourgeoise adhérente au FN. Son père, chirurgien-dentiste à Montbéliard, lui a offert sa carte du parti le jour de ses 18 ans. Un engagement politique qu’elle partage avec son mari Robert Sennerich avec qui elle a eu deux filles. Lui aussi est conseiller régional de Franche-Comté et il a siégé à ses côtés à la municipalité de Besançon. Un parcours que Sophie Montel assume pleinement. Elle déclarait à Yves Andrikian, notre confrère de l’Est républicain :
 

 « Quand on a la même passion, il n’est pas inconcevable de travailler ensemble, je n’ai pas honte à vivre de la politique dès lors que j’assume mes mandats, le Front fait partie de ma vie sur tous les fronts ».

 
Robert Sennerich a été condamné le 2 juillet dernier à Montbéliard pour abus de faiblesse. Le tribunal de Grande Instance a considéré qu’il avait profité de la vulnérabilité d’une personne âgée pour l’inscrire sur la liste FN des dernières municipales.

« C’est une accusation sans fondement, Nous allons nous battre et le prouver » rétorque Sophie Montel à Jean-Pierre Tenoux, notre confrère du Monde.
 

Cette fidélité sans faille pour les idées politiques du Front National a été reprochée à Sophie Montel. Tout d’abord, en 1992, alors qu’elle est encore étudiante en histoire médiévale à l’Université de Franche-Comté, Sophie Montel est la jeune attachée du groupe FN (5 élus) au conseil régional de Franche-Comté. À cette époque, il est présidé par Roland Goguillot-Gaucher collaborateur avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mais ce sont surtout ses propos tenus en 1996 lors d’une séance de conseil municipal de Besançon qui lui sont encore aujourd’hui imputés. L’affaire avait été sortie par nos confrères de factuel.info et de l’historien Joseph Pinard. À cette époque, Jean-Marie Le Pen avait déclaré qu’il « ne croyait pas à l’égalité des races ». Sophie Montel avait maintenu la ligne de son parti en déclarant :
 

« Rien dans les propos de Jean-Marie Le Pen sur l’évidente inégalité des races ne tombe sous le coup de la loi. Constater que la civilisation des Pygmées au XXe siècle aussi nombreux que les Athéniens du siècle de Périclès n’est pas égale à celle de la Grèce Antique n’injurie pas les Pygmées. »

 
Interrogée à ce sujet en février 2015, lors de la campagne pour la législative partielle du Doubs, par notre consœur Catherine Eme-Ziri, Sophie Montel déclarait :
 

« C’était en 1996, Jean-Marie (Le Pen, ndlr) avait tenu ces propos. Nous, les élus, on a reçu un argumentaire au cas où nous serions chahutés. On essaye de me faire passer pour un monstre, ce que je ne suis pas. Les préoccupations des électeurs de la circonscription sont très loin de cette polémique…. Je suis étonnée : en 1996, ça n’avait pas fait de bruit et aujourd’hui, on me ressort ça ! »

 
Pour Marine Le Pen, lors de sa visite de soutien à Besançon fin octobre dernier, « Sophie Montel a toutes les qualités, politiques et humaines, pour diriger la Région ». Les électeurs en ont décidé autrement. Dans sa profession de foi du premier tour, Sophie Montel présentait un programme identique à celui des candidats FN des autres régions (mises à part Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen qui avaient imprimé des prospectus différents).
 
La première mesure que Sophie Montel  aurait voulu soumettre en cas de victoire aux votes des nouveaux élus de la région Bourgogne et Franche-Comté : la suppression de l’aide de 1 000 euros par nouvelle place d’hébergement pour accueillir les réfugiés, votée en en octobre dernier. Une décision martelée pendant toute sa campagne pour ces régionales. Une chose est sûre, Sophie Montel a de la suite dans les idées.

Portrait par Stéphanie Bourgeot : 
Le portrait de Sophie Montel
Portrait de la candidate frontiste depuis son entrée en politique il y a une vingtaine d'années. Avec : Sophie Montel, euro-députée et conseillère régionale sortante, candidate FN aux élections régionales et Marine Le Pen, présidente du FN

 

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