Pourquoi Arnaud Montebourg demande l'interdiction des importations de miel chinois ?

Un pot de miel représente le travail de 450 abeilles (image d'illustration)
Un pot de miel représente le travail de 450 abeilles (image d'illustration)

Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'Economie et député de Saône-et-Loire, a créé la marque de miel "Bleu Blanc Ruche". Il demande que la France interdise les importations chinoises de miel.
 

Par B.L.

Pourquoi Arnaud Montebourg veut interdire au miel chinois d’entrer en France ?

Arnaud Montebourg a écrit il y a quelques jours à un autre Bourguignon Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

Dans ce courrier qui date du 27 septembre 2019, le président de la marque de miel "Bleu Blanc Ruche" indique que les exportations de miels français en Chine ont "brutalement chuté" entre 2017 et 2018. En revanche, l'importation de miels chinois en France reste "très élevée" avec 4 211 tonnes en 2017, soit "environ 10%" de la consommation, derrière les produits ukrainiens et espagnols.

La chute des exportations vers la Chine entre 2017 et 2018 atteint -91% en volume et -85% en valeur. Pour Arnaud Montebourg, "cela s'explique par des mesures restrictives et protectionnistes récemment imposées par le gouvernement chinois".
L'ancien président du département de Saône-et-Loire évoque notamment le blocage, depuis 2017, de plusieurs conteneurs de miels français, dû selon lui à des "prétextes sanitaires injustifiés". Cela a entraîné des "pertes économiques colossales" pour la filière.

"Cette discrimination est le signe d’une mesure protectionniste déguisée en mesure de fausse protection sanitaire.


C’est pourquoi Arnaud Montebourg réclame le soutien du gouvernement pour obtenir "soit la levée immédiate des mesures protectionnistes chinoises dans le cadre de la relation bilatérale franco-chinoise, soit de la Commission européenne des mesures de réciprocité d'interdiction à l'encontre des miels chinois" entrant sur le marché unique européen.

 

 

Les miels français peinent à s'exporter en général

A l'appui de son courrier Arnaud Montebourg, a joint une note technique du Syndicat français des miels qui précise que la Chine a consulté ses partenaires commerciaux en vue d'adopter un certificat sanitaire mais que celui-ci n'est toujours pas validé à ce jour. Pour l'heure, "les autorités chinoises appliquent des conditions sanitaires non négociées, qui leur sont propres, entraînant ces blocages que rien ne justifie", dénoncent les producteurs français.

Dans sa note, la profession indique que "les miels français peinent encore à s'exporter" de façon générale. Une nette baisse a été enregistrée entre 2017 et 2018 : -13% en volume et -16% en valeur.

Pour mémoire, une école des hautes études apicoles (EHEA) a été créée en France en janvier 2019. Cet établissement, basé à Dijon, forme des apiculteurs.
Ce projet est porté par la Société d’élevage et de repeuplement des abeilles de France  (SERAF) dont l’ancien ministre Arnaud Montebourg, défenseur du "made in France", est président et actionnaire à hauteur de 35 %.
 

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