Pourquoi dormirez-vous une seconde de plus cette nuit ?

La nuit du 30 juin au 1er juillet 2015 va être plus longue qu’à l’accoutumée. Elle durera une seconde de plus. Explications. 

Il existe deux mesures de temps : le Temps Atomique International (TAI), basé sur le parc mondial d’horloges atomiques et le Temps Universel (TU), basé sur la rotation de la Terre et sa position par rapport aux astres.

La Terre, pas toujours à l'heure

Les horloges atomiques sont très rigoureuses dans leurs mesures : l'exactitude serait telle qu’elles n’enregistreraient qu’une seule seconde de dérive tous les 300 millions d’années. Trop d’exactitude pour la planète bleue qui est beaucoup moins régulière et qui a même tendance à ralentir à cause de l’attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil. La seconde additionnelle permettra donc de synchroniser le TAI et le TU.

En 1972, le Temps Universel Coordonné (UTC ou GMT) a été créé par un accord international. Il prévoyait que l’écart entre le TU et le TAI ne devait pas dépasser 0,9 seconde. C’est pour cette raison qu’une seconde sera intercalée dans la nuit du 30 juin au 1er juillet prochain. En France, c’est à 1h59 du matin que le temps sera un peu plus long.

Pas de grands bouleversements à prévoir

Pour les particuliers, cette seconde additionnelle ne provoquera pas de grands changements et ils ne devraient même pas s'en apercevoir. Les plus pointilleux d'entre eux pourront tout de même accorder leurs cadrans en appelant l'horloge parlante

En revanche, Daniel Gambis, directeur du Service de la Rotation de la Terre de l’Observatoire de Paris, expliquait à l’AFP que "les grands systèmes de navigation par satellites, les systèmes de synchronisation des grands réseaux d’ordinateurs devront prendre en compte cette modification sous peine d’encourir des bugs".

Mais pour ces derniers, ce ne sera pas une première. Depuis 1972 et la création de l’UTC, 25 secondes ont déjà été rajoutées – la dernière date de 2012. Certains pays, dont les Etats-Unis et la France, souhaiteraient supprimer cette seconde intercalaire, qu'ils jugent inutilement compliquée, et ne se fier qu’aux horloges atomiques.

Cette procédure sera discutée en novembre prochain à Genève dans le cadre de l’Union Internationale des Télécommunications.