Arnaud Montebourg : “La tristesse m’étreint concernant Alstom”

Arnaud Montebourg le 7 janvier 2017 à Blanzy, en Saône-et-Loire / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Arnaud Montebourg le 7 janvier 2017 à Blanzy, en Saône-et-Loire / © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Arnaud Montebourg, ex ministre de l'Economie et député de Saône-et-Loire, dénonce la vente de la branche ferroviaire d’Alstom au groupe allemand Siemens. "Il n’est pas trop tard pour nationaliser Alstom", dit-il.

Par avec Le Monde

Le Bourguignon Arnaud Montebourg, chantre du "Made in France", signe une tribune dans le quotidien Le Monde du jeudi 28 septembre 2017.

"Il est difficile pour le simple citoyen engagé que je suis redevenu de me taire, tant la tristesse m’étreint concernant Alstom", déclare l’ancien élu de Saône-et-Loire, département qui abrite un des sites d’Alstom en France (l’usine du Creusot est spécialisée dans la fabrication des bogies).

"Alors que nous pouvions racheter Siemens Transport il y a trois ans, c’est désormais Siemens qui nous rachète aujourd’hui, mettant fin à un siècle d’aventure Alstom", explique Arnaud Montebourg.
Ce dernier raconte comment en 2014 Joe Kaeser, le patron de Siemens, lui avait fait la proposition suivante :"Vous nous vendez l’énergie sauf le nucléaire que vous gardez et, en contrepartie, je vous vends le ferroviaire et la signalisation. Nous faisons deux Airbus de taille mondiale, l’un dans le ferroviaire à direction française, l’autre dans l’énergie à direction allemande."


© France 3 Bourgogne
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"Il n’est pas trop tard pour reprendre les négociations"

Le projet séduit Arnaud Montebourg, mais pas le gouvernement de l’époque.
"Ce fut la proposition que je défendis dans le salon vert de l’Elysée le 21 juin 2014 devant le président de la République d’alors, qui l’écarta, devant le premier ministre qui ne pipa mot, et devant l’actuel président, alors secrétaire général adjoint, qui déclara : "On n’est quand même pas au Venezuela !"

Arnaud Montebourg dénonce "la croyance selon laquelle il vaut mieux toujours laisser faire les forces du marché plutôt qu’affirmer la souveraineté de notre pays". Pour lui, il est évident que "cette solution nous aurait donc permis de conserver notre indépendance dans l’énergie nucléaire. Et surtout c’était bien Alstom qui alors rachetait Siemens-Transport !"

L’ancien élu bourguignon conclut qu’il "n’est pas trop tard pour nationaliser Alstom, en prenant position dans le capital de la nouvelle entité" et qu’il "n’est pas trop tard pour reprendre les négociations jusqu’à une alliance entre égaux".

"Je peux assurer nos compatriotes que, contrairement à ce qui va être raconté pour justifier l’abandon, il pourrait en être autrement", dit Arnaud Montebourg.

L'ancien ministre se rend en déplacement à Grenoble lundi 2 octobre pour soutenir les salariés de GE Hydro/Alstom menacés par un plan social visant à supprimer 345 des 800 emplois du site du groupe à Grenoble.

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