Covid-19 et réouverture des écoles et collèges : "on est inquiets, on aimerait en savoir plus"

Les écoles et les collèges doivent rouvrir pour tous les élèves à compter du lundi 22 juin 2020, a annoncé le président de la République. Ce sera une obligation. En Bourgogne, les syndicats regrettent de ne pas avoir été prévenus en amont.

Après une reprise progressive, tous les élèves d'écoles et de collèges vont revenir en classe.
Après une reprise progressive, tous les élèves d'écoles et de collèges vont revenir en classe. © Romain Liboz / France Télévisions

Il faudra finalement retourner à l’école en présentiel avant les vacances d’été. "Crèches, écoles et collèges rouvriront tous à partir du 22 juin", a annoncé le président de la République, Emmanuel Macron, dimanche 14 juin, lors d’une allocution télévisée. La présence des enfants sera "obligatoire". En Saône-et-Loire, la mesure satisfait bien des parents, mais pour le personnel pédagogique, il va encore falloir s'adapter.

Mathieu Cazier, enseignant dans le premier degré à Chalon-sur-Saône, salue cette décision : "il y a de nombreux élèves qui se sont éloignés de l’école pendant le confinement et le déconfinement et, qui, pour des questions scolaires mais aussi pour des questions de socialisation sont en grand besoin de collectif, en grand besoin d’école… On a que deux semaines devant nous, on fera avec ces deux semaines mais je pense que cette reprise de contact pourrait être salutaire pour certains élèves."

Des syndicats inquiets

Catherine Morice, déléguée syndicale FO (Force ouvrière), émet quant à elle des doutes : "je suis un petit peu dubitative, puisqu’on dit qu’on reprendra l’école normale… En tout cas, moi j’entends de façon normale mais en même temps avec les gestes barrières...  donc à partir du moment où on doit appliquer les gestes barrières, on n’est pas revenu à une situation normale."

La nouvelle provoque de la "colère" de ne pas avoir été prévenu en amont et de l’ "inquiétude". À l’UNSA 21 enseignants, Florent Duvernay témoigne : "là on dit que tous les élèves seront accueillis même s’il y a un protocole. On a de grosses questions sur la distanciation physique. Le ministre [de l’Éducation nationale] dit qu’on ne sera plus sur 4m2 mais 1m en latéral. Si on prend un élève et qu’on met un 1 m devant, 1m derrière… on arrive toujours à 4m2. On est inquiets. On aimerait en savoir plus, pour s’organiser et répondre aux parents."

Après deux mois de confinement, les écoles et les collèges avaient réouverts pour une partie des élèves à partir du 11 mai. Anne-Sophie Rique, du syndicat FSU-SNUipp, rétorque que les solutions qui avaient pu être trouvées soient déjà balayées : "dans les mairies, le dispositif 2S2C (qui permet la prise en charge d'élèves pendant le temps scolaire par des animateurs, associations et partenaires privés) a demandé des aménagements et là il devient déjà obsolète. C’était complexe à mettre en place donc cela veut dire que des personnes ont planché sur quelque chose qui est mis à la poubelle."

Relancer l’école pour relancer l’économie ?

Une seule certitude pour le moment donc, la classe se fera en présentiel avant les vacances d’été, qui commenceront le samedi 4 juillet. Pour Philippe Wante, secrétaire départemental du FSU 89, "on peut s’interroger qu’en si peu de temps on repasse à la normale, si près des vacances. On voit que c’est l’économie qui prime. L’intérêt des élèves n’a pas pesé beaucoup dans la décision."

Au syndicat UNSA 21, on reconnaît une raison économique à la réouverture totale des écoles. "Il y a besoin que plus d’élèves retournent à l’école pour que les parents soient libérés, on ne peut pas dire le contraire. C’est une nécessité, un besoin de renouer avec un maximum d’élèves car durant toutes ces semaines où le lien a été rompu", témoigne Florent Duvernay.

Il ajoute : "il faut qu’on puisse être sûr qu’il n’y ait pas de cluster dans l’établissement scolaire suite à cette modification. On a l’envie de savoir ce que va nous dire ce protocole car on ne voudrait pas que la responsabilité des enseignants ou enseignantes, des directeurs ou directrices ou des chefs d’établissement soient mises en avant car on n’aura pas eu d’informations ou de consignes claires pour savoir ce qui peut être fait ou pas fait."

Les enseignants continuent aussi beaucoup à s’interroger sur la prochaine rentrée, en septembre. De leur côté, les lycées n’ont pas été mentionnés pendant l’allocution présidentielle.

 

Reportage à Chalon-sur-Saône d’Alexandre Baudrand, Anthony Borlot et Cécile Frèrebeau avec :
- Mathieu Cazier, co-secrétaire général SNUIPP 71 et enseignant dans le premier degré
- Catherine Morice, déléguée syndicale FO et directrice d'une école primaire à Chalon-sur-Saône

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